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Coupe Davis: Noah, la dernière saga

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Coupe Davis: Noah, la dernière saga

Coupe Davis: Noah, la dernière saga
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Yannick Noah, le capitaine des Bleus, va tirer sa révérence après la finale face à la Croatie. Charismatique, emblématique, unique: ce monstre sacré du tennis et du sport français aura, quoi qu'il arrive, marqué de son sceau l'histoire de la Coupe Davis.

La route, entamée il y a près de 27 ans, se termine dans quatre jours. Dimanche, à 58 ans, Noah dira adieu à la Coupe Davis - qui vit ses dernières heures dans son format mythique - et à l'équipe de France, clôturant une histoire riche, mouvementée, et qu'il est parvenue à rendre souvent victorieuse. Peut-être le fera-t-il avec un quatrième Saladier d'argent sur son CV (après 1991, 1996, 2017), ce qui le placerait sur le toit du tennis mondial, aux côtés de l'Australien Neal Fraser et du Croate Niki Pilic.

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Au début des années 1990, au moment de sa nomination comme capitaine pour le premier épisode de sa trilogie (1991-1992, 1994-1998, 2015-2018), l'ancien président de la FFT Philippe Chatrier, pour justifier son choix de recourir à un joueur avec lequel les rapports n'avaient pas toujours été au beau fixe, avait lancé: "C'est avec les meilleurs braconniers qu'on fait les meilleurs gardes-chasses".

- "Gourou" -

C'est sans doute l'une des définitions les plus justes au sujet de Noah capitaine, seul joueur français vainqueur d'un Grand Chelem (Roland-Garros 1983) dans l'ère moderne.

A l'époque de son premier mandat, Noah vient juste de quitter le circuit, à trente ans, un âge où Roger Federer s'amusait encore à empiler les Grand Chelem. Mais déjà, la réputation de "Yannick" n'est plus à faire. Le natif de Yaoundé, bercé à la fois par les cultures française et camerounaise, s'est depuis longtemps écarté de la ligne d'un joueur pro. La musique, l'envie de voir ailleurs, la notoriété, l'ont éloigné des terrains. Reste une chose à régler pour ce passionné de la Coupe Davis, qu'il n'a jamais gagnée en tant que joueur (finale perdue en 1982, face aux Etats-Unis).

Son approche de l'enjeu, l'affect qu'il y met, sa proximité sur la chaise avec des joueurs qu'il connaît évidemment très bien (Forget, Leconte), tout comme ses rastas, détonnent. Dès sa première campagne, le "magicien", le "gourou" imprime son style, décalé, instinctif, mais surtout victorieux. Son coup de maître? Rappeler Henri Leconte, descendu au-delà de la 150e place mondiale, le dos en vrac, mais qui apportera la folie nécessaire pour renverser Pete Sampras et les Etats-Unis en 1991. La "Saga", symbolisée par la danse qui a suivi le sacre de Lyon, débute.

Cinq ans après (1996), il réédite l'exploit et remporte pour la deuxième fois le Saladier d'argent, en Suède: sa réussite ne doit donc rien au hasard. Noah devient alors l'homme à la recette magique, celui qui sait faire gagner à une époque où la France ne savait pas le faire. Cette année-là, il va même faire un crochet par le football pour aider le Paris SG à remporter la défunte Coupe des Coupes !

Vingt-et-un ans plus tard, face à la Belgique, il décroche une Coupe que la génération des "néo-Mousquetaires" (Tsonga, Gasquet, Simon...) n'avait pu gagner sans lui.

- "Une personne particulière" -

Sa force? Etre capable de transcender ses joueurs, de les fédérer autour d'un objectif, quel que soit finalement leur classement. Il instaure des préparations musclées avant les rendez-vous cruciaux, y apporte une approche mentale, verbalise énormément avec ses joueurs sur sa chaise, vit les matches intensément.

"Yannick est une personne particulière, mais une personne très protectrice de ses joueurs (...) qui sait comment nous mettre à notre meilleur", a résumé Benoît Paire après la victoire des Bleus face à l'Espagne (3-0) en demi-finales.

"Vous savez, Noah le gourou, tout ça, c'est pas ça en fait Yannick, nuance son entraîneur historique Patrice Hagelauer auprès de l'AFP. Quand il a des convictions, il va au bout. L'une des ses convictions depuis toujours, c'est que les objectifs, pour les atteindre, il faut se préparer."

"Oui, il a du charisme, du magnétisme, mais le choix des hommes, c'est important, et il ne s'est pas trompé. Ce qu'il a fait c'est rare. Il a apporté beaucoup, c'est énorme. Yannick a transmis des choses qui resteront", ajoute-t-il. Un départ fort d'un quatrième sacre, aux dépens d'une équipe croate beaucoup mieux armée sur le papier, marquerait encore plus.

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