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Rendre à l'Afrique ses oeuvres d'art : le chantier est lancé

Rendre à l'Afrique ses oeuvres d'art : le chantier est lancé
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Wikicommon/ David R. Ingham
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Rendre l'art africain à l'Afrique : un projet louable, mais ô combien complexe et sensible. Un rapport d'experts sur la question a été rendu au président français ce vendredi soir. Emmanuel Macron s'est engagé à restituer "sans tarder" 26 oeuvres réclamées par le Bénin, conformément à son engagement pris l'an passé au Burkina Faso : "Je veux que d'ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restituions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique".

L'attente, de l'autre côté de la Méditerranée, est immense. Dès la fin du XIXe siècle et la colonisation de l'Afrique, ce sont des millions d'oeuvres d'art qui ont été pillées, emportées et éparpillées en Europe.

Au Bénin par exemple, certains imaginent déjà de belles opportunités. Happy Goudou est gestionnaire de patrimoine : "Restituer les biens, ce n'est pas une question de victoire pour quelqu'un, échec pour d'autres parce que dans tous les cas ce n'est pas une bataille. Le Bénin a besoin de ces biens pour renforcer son économie nationale et pour donner de l'emploi aussi aux gestionnaires du patrimoine culturel".

Seulement voilà : en France les collections nationales d'art sont rigoureusement protégées par le code du patrimoine.

Pascal Blanchard, historien d'art et spécialiste des questions coloniales : "Ces pièces étaient rentrées de manière légale, vu le rapport de l'époque, dans nos collections publiques. Et vous savez qu'à partir du moment où des pièces sont rentrées d'une manière légale dans les collections publiques, elles sont inaliénables, elles ne peuvent pas repartir à un soi-disant propriétaire, qui pour ces musées, n'existe pas."

Le rapport préconise justement un changement du code du patrimoine.

Jusqu'à 90% du patrimoine artistique africain se trouverait aujourd'hui en Europe. Tout rendre, c'est bien-sûr une utopie. Mais rien qu'au musée du quai Branly, 46.000 oeuvres pourraient devoir être restituées.