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Bosnie : les migrants bloqués aux portes de l'Union européenne

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Bosnie : les migrants bloqués aux portes de l'Union européenne

Bosnie : les migrants bloqués aux portes de l'Union européenne
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Dans cette nouvelle édition, Insiders est en Bosnie-Herzégovine, dernière étape des migrants vers l'Union européenne. En 2018, le pays a vu passer sur son territoire, plus de 20 000 personnes qui ont tenté de franchir la frontière croate, synonyme d'entrée dans l'Union européenne.

En 2015, l'Europe a accueilli plus d'un million de migrants. La plupart étaient Syriens et souhaitaient rejoindre l'Allemagne via les Balkans et l'Europe de l'Est. Depuis, l'UE a durci sa politique migratoire et la plupart des routes vers l'Europe occidentale ont été fermées. Dans ce contexte, la Bosnie est devenue la dernière étape avant l'entrée dans l'UE.

Entre 4000 et 6000 migrants y sont actuellement bloqués, et attendent dans des conditions sanitaires déplorables le bon moment pour franchir la frontière de la Croatie.

Certains y parviennent, souvent illégalement, grâce à des réseaux de passeurs. Mais beaucoup sont violemment reconduits en Bosnie par les gardes-frontières croates. Malgré un nombre de migrants beaucoup plus faible qu'en 2015, la question migratoire reste un problème majeur en Europe. Les conséquences se ressentent en Bosnie où notre journaliste Hans von der Brelie a réalisé un reportage.

Dans le cadre de l'émission Insiders, notre journaliste Sophie Claudet a interrogé Gerald Knaus, président fondateur d'Initiative européenne pour la stabilité, un think tank qui traite des questions relatives à l'Europe du sud-est et des Balkans. Selon lui "la tendance des dernières décennies montre que les arrivées en masse sont en fait rares. Il y en a eu après la guerre en Syrie, en 2015 et aussi pendant trois ans avec des arrivées à grande échelle de la Libye pour l'Italie. Mais en moyenne dans ces dernières décennies, moins de 300 personnes par jour ont traversé la Méditerranée. Il s’agit de chiffres que l’Europe devrait pouvoir gérer".

Mais il constate que l'Union européenne préfère utiliser l'arme de la dissuasion. "Les Etats européens veulent envoyer un message aux populations qui n'ont pas encore migré pour leur dire qu'il est presque impossible de passer la frontière. "Il ajoute que ceux "qui ont déjà franchi cinq ou six frontières, qui sont à seulement trois cent kilomètres de l'Autriche, ne seront pas dissuadés par la police croate". Selon lui, l'Union européenne n'a pas tiré de leçons des vagues d'immigration successives. "S'il doit y avoir des crises à l'avenir, des guerres imprévisibles, je crains que compte tenu de la situation actuelle, l'Union européenne se débatte à nouveau et qu'elle ne sera toujours pas préparée".