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Malgré la COP24, la Silésie carbure au charbon

Malgré la COP24, la Silésie carbure au charbon
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La plus grande mine de charbon en activité en Europe se trouve juste à côté de Katowice, où se tient en ce moment la COP24.

Chaque jour, plus de 3 500 mineurs, dont Radek, descendent au fond des puits de Piast pour extraire le combustible fossile, à la fois si précieux et tellement polluant.

Ici, dans cette région qu'est la Silésie, qu'importe la volonté de l'Europe de réduire les émissions de CO2, le charbon est dans l'ADN des habitants.

Radek Wojnar, mineur : "J'ai vu cette mine de ma fenêtre toute ma vie. Mon père était mineur, mes grands-pères travaillaient dans les mines. C'est une tradition transmise de génération en génération. C'est difficile d'expliquer pourquoi, mais quelque chose m'attire, et je continue à travailler dans cette mine."

Radek connaît les risques du métier : les accidents à travers la Pologne ont coûté la vie à 21 de ses collègues depuis le début de l'année.

Mais il en connaît aussi les avantages avec une rémunération qui peut atteindre 1 600 euros par mois, soit deux fois le salaire moyen, et une retraite garantie après 25 ans passés sous terre.

Dans le deuxième pays producteur d'Europe, après l'Allemagne, la filière emploie 500 000 personnes, dont 85 000 en Silésie.

Dominik Kolorz, dirigeant régional de Solidarnosc : "Si ce processus de décarbonisation se produit aussi rapidement que l'Union européenne le souhaite, nous ne pourrons pas y survivre, économiquement et socialement."

Les experts recommandent que la part du charbon dans l'énergie passe de 80% aujourd'hui à 39% en 2030, mais Varsovie affiche une ambition plus modeste en visant la barre des 60%.

Ces dernières décennies, les restructurations dans le secteur ont déjà entraîné le licenciement de nombreux mineurs de fond, comme Roman.

Après avoir écumé l'Europe en quête d'une vie meilleure, il est revenu au pays, mais sans parvenir à retrouver un emploi stable.

Il vit désormais de petits boulots et pour échapper à la misère, parfois, il n'a d'autre alternative que de travailler dans des mines illégales dans les faubourgs de la ville de Walbrzych, malgré la répression policière.

Roman Janiscek, ancien mineur : "Les autorités vont venir, elles vont combler les puits. Mais les gens plongés dans la pauvreté vont continuer à creuser de toute façon. Parce que le charbon était, est et sera toujours nécessaire."

Valérie Gauriat, envoyée spéciale d'euronews : "Loin du sommet de Katowice, les considérations relatives au changement climatique restent un luxe distant aux yeux de ceux comme Roman, pour qui le déclin du charbon n'est synonyme que de chagrin."