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Une île pour parquer les migrants "indésirables" au Danemark

Une île pour parquer les migrants "indésirables" au Danemark
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Cette île inhabitée au large du Danemark va bientôt accueillir des demandeurs d'asile.

Le projet concerne les déboutés du droit d'asile et ceux qui ont un casier judiciaire et risque la torture ou la mort dans leur pays d'origine.

Il a été accepté sans réserve par le gouvernement et par le parlement. Le futur centre de rétention entrera en fonction dès 2021. Un non sens pour l'ONU.

"Il est parfois difficile de renvoyer des migrants dans leur pays d'origine lorsqu'ils ne sont pas acceptés en tant que réfugiés. Mais ils doivent être traités de manière sûre et humaine, et sur la base, bien sûr, d'une évaluation individuelle et non de manière à leur faire plus de mal. Et c'est ce que ce projet est très susceptible de faire, car nous avons constaté l’impact négatif de telles politiques d’isolement et ne devrions pas les reproduire", explique Michelle Bachelet, haut commissaire aux droits de l'Homme.

Jusque-là, l'île de Lindholm, à une centaine de kilomètre au sud de Copenhague, abritait un ancien centre de recherche pour les maladies contagieuses animales. Plusieurs milliers de Danois ont manifesté contre ce nouveau moyen de dissuader les demandes d'asile, mais le gouvernement au pouvoir ne cesse de multiplier les obstacles à l'entrée et au séjour des étrangers.

Pour le ministre de l'immigration : "si on est indésirable dans la société danoise, on ne doit pas gêner les Danois ordinaires".

Entre 2015 et 2017, du fait des tours de vis successifs, le nombre de demandes déposées a chuté de 75 %.

Pour l'Institut européen des Migrations, la politique migratoire danoise "estun cas unique de dureté et d'intolérance" en Europe et ailleurs, dans un contexte déjà peu favorable aux migrants.

Depuis trois ans, le Danemark n'a pas lésiné sur les moyens pour dissuader les demandeurs d'asile : encarts dans la presse libanaise pour avertir les candidats à l'émigration du durcissement des conditions d'installation sur son territoire, saisie des biens de valeur des migrants au franchissement de la frontière.

Et depuis fin 2017, le nombre de réfugiés issus du programme des quotas des Nations unies est laissé à la discrétion du ministère de l'Immigration et l'intégration, qui a refusé d'en accepter cette année.