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Une année 2018 tendue entre Rome et Bruxelles

Une année 2018 tendue entre Rome et Bruxelles
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La bataille entre Rome et Bruxelles a démarré en juin avec la mise en place d'un gouvernement de coalition en Italie, composé de deux partis populistes : Le mouvement 5 étoiles et La Ligue. Les deux formations politiques ont promis une baisse significative des impôts, un salaire minimum de base et un système de retraite anticipée.

Un budget pas conforme selon la Commission européenne

Le projet de budget italien pour 2019 a été d'emblée retoqué par la Commission européenne. Il prévoyait un déficit public à 2,4% du PIB alors que Bruxelles exigeait de Rome de ne pas dépasser 1,8%. Ce projet de loi de finances prévoyait 37 milliards d'euros de dépenses supplémentaires, dont 22 milliards empruntés sur les marchés financiers. Le gouvernement italien estimait qu'une politique économique expansive stimulerait la croissance, tandis que Bruxelles craignait de voir la dette du pays augmenter inexorablement.

La dette italienne

L'Italie a la deuxième plus grande dette en Europe, derrière la Grèce, tout en étant la troisième puissance économique de la zone euro. Les économistes estiment que l'explosion de la dette italienne est une menace pour toute la zone. La France serait la plus exposée. "_Les banques françaises détiennent beaucoup de dettes italiennes, l'économie française dépend beaucoup de celle de Rome, donc si quelque chose ne va pas en Italie, que ce soit sur les marchés ou sur la dette, cela pourrait vraiment nuire à la Franc_e" selon l'économiste Maria Demertzis.

Salvini face aux "bureaucrates" de l'UE

Face aux avertissements de Bruxelles sur le projet de budget 2019, le Vice premier ministre italien Matteo Salvini, a attaqué les bureaucrates de l'Union européenne. «Les ennemis de l'Europe sont retranchés dans le bunker de Bruxelles. Juncker et Moscovici sont à l'origine de la peur et de l'insécurité de l'emploi en Europe ».

En octobre, un membre italien du parlement européen a même écrasé symboliquement avec sa chaussure le discours du commissaire européen aux finances, Pierre Moscovici, qui critiquait le projet de budget italien. Ce parlementaire a déclaré " l'Italie mérite le respect et ces eurocrates- stupides doivent comprendre cela".

Menace de procédure de manquement

Malgré la fermeté de l'Italie, la Commission européenne a déclaré en novembre que le plan était un manquement particulièrement grave aux règles budgétaires de l'UE et qu'il pouvait justifier l'ouverture d'une "procédure de déficit excessif". "Qui va payer la note de ces dépenses supplémentaires? Nous continuons à croire que ce budget est risqué pour l'économie italienne, pour ses entreprises, pour ses épargnants et ses contribuables" s'inquiète Pierre Moscovici.

La procédure de déficit excessif peut conduire à des amendes, une sanction qui n'a jamais été mise en application depuis la création de la monnaie unique. Ces menaces européennes n'ont toutefois pas effrayé le vice premier ministre italien Matteo Salvini. Voici sa réponse, lorsqu'on lui demande de répondre à la lettre de la Commission : «_J'attendais aussi la lettre du père Noël. Nous discuterons poliment comme nous l'avons toujours fait. Nous allons continu_e_r_."

Des concessions

Le plan budgétaire italien a fait augmenter les taux d'intérêt en Europe, provoquant des réactions d'autres dirigeants de l'Union Européenne, qui ont mis l'Italie en garde. Face à la gravité de la situation, Rome a adouci sa rhétorique en proposant de réduire le déficit à 2,04%.

Giuseppe Conte et Jean-Claude Juncker

Un effort jugé insuffisant pas l'UE. Pour autant, un compromis a été conclu le 19 décembre, après des journées de négociations. l'Italie a reconnu que son plan n'était pas en mesure de stimuler l'économie autant que prévu et a donné à la Commission européenne de nouvelles garanties concernant son déficit structurel.