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"Gilets jaunes" : violence redoutée à Paris, inquiétude à Bourges

Photo prétexte 9ème manif nationale des "gilets jaunes".
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La police française, même si elle est habituée désormais aux dérapages violents chaque samedi à Paris au cours des manifestations de "gilets jaunes", se fait un peu plus de bile que le week-end dernier. La mobilisation s'annonce en effet plus forte ce samedi, comme avant les fêtes de fin d'année, et surtout toujours plus radicale.

Et pour la première fois depuis le début de la révolte - il y a maintenant plus de deux mois - la crainte gagne également la ville moyenne de Bourges, située dans le centre du pays. Des figures de de la première heure de la révolte "jaune" ont choisi ce lieu de rassemblement en raison de sa bonne position géographique : il se trouve à une distance relativement raisonnable des grandes villes, d'où peuvent partir les protestataires en voiture ou en train. La stratégie est aussi d'éviter des unités de police et de gendarmerie trop nombreuses afin de réussir une démonstration de force conséquente.

Branle-bas de combat à Bourges !

Ce sont Priscillia Ludosky, une autoentrepreneuse de la région parisienne, et Maxime Nicolle, un travailleur intérimaire de Bretagne, qui ont appelé leurs troupes de "gilets jaunes" à rejoindre Bourges. Sur leurs pages Facebook, plus de 13 000 personnes se sont dites intéressées par la manifestation, et plus de 2 700 ont annoncé vouloir s'y rendre.

Alors, comme il vaut mieux prévenir que guérir, la préfecture du département du Cher a annoncé que toute manifestation de "gilets jaunes" sera interdite samedi dans le centre-ville de Bourges. "Je prends un arrêté pour interdire tout le centre historique de la ville", a indiqué la préfète, Catherine Ferrier. En revanche, le défilé prévu sur les boulevards en périphérie, notamment à l'appel du syndicat CGT, est autorisé car il "se veut pacifique", estime la préfète.

Néanmoins, le maire de Bourges, Pascal Blanc, qui se situe politiquement au centre-droit, préfère être prudent. Sa ville va être presque morte, l'Hôtel de ville et les mairies annexes vont être fermées, tout comme d'autres bâtiments publics, les musées, les bibliothèques... Et les agents municipaux ont été mobilisés pour démonter le mobilier urbain, y compris les horodateurs, et sécuriser plusieurs chantiers publics. Le maire dit vouloir que "tout objet qui pourrait se transformer en projectile ne puisse pas être à disposition des manifestants".

Retour d'une sécurité de haut niveau à Paris

Dans la capitale française, la plupart des engins de chantiers ont justement été dégagés de la voie publique. La leçon a été tirée depuis que des casseurs ont enfoncé samedi dernier la porte du ministère où travaille le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Le plus notable, c'est que pour cette 9ème grande protestation des "gilets jaunes", le dispositif de sécurité sera au niveau de celui d'avant Noël. 80 000 policiers et gendarmes vont être sur le pont sur tout le territoire, dont 5 000 rien qu'à Paris. Une quinzaine de véhicules blindés vont aussi être déployés dans la capitale.