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Brexit : Theresa May essuie une très lourde défaite au Parlement

Reuters TV via REUTERS
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REUTERS/Toby Melville
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Sans surprise, le Parlement britannique a rejeté l'accord de divorce conclu avec l'UE. Le leader de l'opposition Jeremy Corbyn a immédiatement déposé une motion de censure contre le gouvernement de Theresa May, sorti affaibli de ce nouvel épisode.

Lourde défaite pour Theresa May

La chambre des Communes a recalé le texte par 432 voix contre 202, la plus lourde défaite essuyée par un dirigeant britannique depuis les années 1920. Sitôt le résultat connu, le leader de l'opposition Jeremy Corbyn a déposé une motion de censure contre le gouvernement, dénonçant son "incompétence". Le DUP, parti unioniste nord-irlandais, allié à Theresa May, a annoncé soutenir la Première ministre alors que le vote de censure est prévu mercredi.

Malgré l'ampleur de la défaite, un porte-parole de Downing Street a assuré que la cheffe du gouvernement ne démissionnerait pas, et qu'elle restait "concentrée sur la mise en oeuvre du Brexit".

Un rejet attendu

Le rejet de l'accord est tout sauf une surprise tant l'opposition à ce "Traité de retrait" de l'UE était forte dans les rangs des Brexiters et des europhiles. La véritable inconnue résidait plutôt dans l'ampleur de la défaite de la Première ministre.

Lors d'une ultime tentative de convaincre les députés britanniques du bien-fondé de cet accord, Theresa May les avait appelés à prendre la mesure de ce vote "historique", "qui déterminera le visage du (Royaume-Uni) pour les décennies à venir".

"Nous avons le devoir de respecter" le résultat du référendum sur l'UE du 23 juin 2016, avait-elle déclaré dans une chambre des Communes pleine à craquer, mettant en garde : "Un vote contre cet accord n'est qu'un vote pour l'incertitude, la division et la menace très réelle de ne pas conclure d'accord".

Quelle suite pour le Brexit ?

Plusieurs possibilités s'offrent à Theresa May pour espérer sortir de la crise, sachant que le Brexit doit prendre effet le 29 mars prochain.

Nouveau vote au Parlement

Theresa May et ses homologues européens estiment que cet accord est le meilleur possible. Malgré cette sévère défaite au Parlement, elle a prévenu qu'il n'y avait pas d'alternative possible. La Première ministre a donc le droit de soumettre une nouvelle fois le même accord aux députés britanniques. Une hypothèse peu probable.

Le no-deal

L'accord rejeté réglait la question de la facture que devrait régler Londres à l'UE pour honorer ses engagements, définissait les droits des citoyens expatriés et, point le plus controversé, contenait une disposition destinée à éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord.

Après son rejet par la chambre des Communes, l'un des scénarios envisageables est celui d'un Brexit sans accord, particulièrement redouté par les milieux économiques, avec le spectre d'un effondrement de la livre et d'une montée en flèche du chômage.

Il s'agirait alors d'une sortie désordonnée, sans période de transition pour amortir le choc : les relations économiques entre le Royaume-Uni et l'UE seraient régies par les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), et une multitude de contrôles douaniers et réglementaires devraient être mis en place en urgence.

Pénuries de médicaments, embouteillages monstres aux abords des ports, avions cloués au sol, perte de croissance... Ces perspectives sont balayées par les Brexiters les plus acharnés, pour qui "une absence d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord", et qui veulent une politique commerciale indépendante.

Cependant, la menace d'un "no deal" semble avoir été contrecarrée la semaine dernière par les députés, avec l'adoption d'un amendement obligeant l'exécutif à présenter d'ici lundi un "plan B" amendable.

Deuxième référendum

La possibilité d'un second référendum, jusqu'ici exclue par Theresa May, est réclamée par les europhiles dans l'espoir qu'il inverse le résultat de la consultation du 23 juin 2016 et certains responsables politiques pour débloquer la situation.

Reste à définir les questions posées : maintien dans l'UE ou plan de Theresa May ? Ou sortie sans accord ? Sans garantie que la consultation donnerait un résultat différent de celui de juin 2016.

Le Parti travailliste, principale formation d'opposition, se rangerait à cette option s'il n'obtenait pas les élections anticipées qu'il souhaite.

Nouvelles élections

Le Parti travailliste a déposé, immédiatement après le rejet de l'accord, une motion de censure contre le gouvernement, qui sera débattue mercredi. Toutefois, si une bonne centaine de députés tories ont essayé de renverser Theresa May en décembre, il n'est pas dit qu'ils s'allient à l'opposition pour une manœuvre qui pourrait leur faire perdre le pouvoir.

Si les travaillistes l'emportent, ils comptent négocier un nouvel accord avec Bruxelles mais il leur faudrait du temps, a déclaré Jeremy Corbyn, évoquant un probable report de la date de sortie de l'UE.

Report du Brexit

Reporter le Brexit via une extension de l'article 50 du Traité de l'UE, qui régit le départ d'un État membre, apparaît de plus en plus comme une éventualité crédible. L'organisation d'un second référendum ou d'élections législatives anticipées nécessiterait aussi de repousser la date du Brexit.

Une centaine de députés européens de différents bords politiques se sont engagés lundi à soutenir une demande de report de Londres. Mais dans ce cas, quid des élections européennes, qui se dérouleront entre le 23 et le 26 mai?

Selon une source diplomatique, "une prolongation après le 29 mars est possible mais pas au-delà du 30 juin car le nouveau Parlement européen sera constitué".

De son côté, Theresa May a estimé lundi que la date du Brexit ne devrait pas être reportée.

Les dirigeants européens se préparent au no-deal

Les leaders européens disent se préparer à un Brexit dur, le fameux "no-deal", dont le risque "s'est accru" d'après Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne.

"J'appelle le Royaume-Uni à clarifier ses intentions dès que possible. Le temps est presque écoulé", a-t-il déclaré, ajoutant "prendre note avec regret du vote britannique".

Le président du Conseil européen, qui représente les Etats membres de l'Union, Donald Tusk, a quant à lui appelé à une "solution positive" après le rejet de l'accord par les députés britanniques.

"Si un accord est impossible, et que personne ne veut un non-accord, alors qui aura finalement le courage de dire quelle est la seule solution positive ?", a demandé M. Tusk, premier dirigeant européen à s'exprimer après le vote, dans un tweet.

Le Premier ministre belge Charles Michel a déclaré sur Twitter que son pays se prépare à un Brexit sans accord. Le Chancelier autrichien Sebastian Kurz s'est pour sa part opposé à une renégociation avec Londres.