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Amende record pour Google en France, le gendarme des données personnelles a sévi

Siège de Google à Londres
Siège de Google à Londres -
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REUTERS/Hannah McKay
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Du jamais vu en Europe, le géant américain du net Google a écopé d'une amende de 50 millions d'euros, amende record infligée par le gendarme français des données personnelles.

La CNIL, l'autorité française chargée de la protection des données privées sur internet estime insuffisantes et peu claires les informations de Google sur l'exploitation des données des utilisateurs, elle lui reproche aussi sa gestion des publicités personnalisées.

Les détails

Pour son enquête, la Commission a accompli le parcours que doit faire un nouvel utilisateur de smartphone Android (le système d'exploitation pour smartphone de Google) pour établir un compte Google et se servir de son appareil.

"Nous ne nions pas que Google informe" l'utilisateur qui ouvre un compte de l'exploitation qui sera faite de ses données, a expliqué à l'AFP Mathias Moulin, le directeur de la protection des droits et des sanctions à la Cnil.

"Mais l'information n'est pas aisément accessible, elle est disséminée dans différents documents" que l'internaute ne prendra jamais le temps de consulter. "Il faut parfois jusqu'à cinq clics pour accéder à une information", a-t-il ajouté, estimant qu'au final, Google ne proposait pas une information "claire et compréhensible".

La CNIL reproche également à Google l'utilisation d'une case pré-cochée pour l'acceptation de l'affichage de publicités personnalisées, alors que le RGPD exige une acceptation "positive", ce qui implique que l'utilisateur coche lui-même la case.

La réaction

Dans un communiqué, Google a indiqué qu'il "étudiait la décision" de la Cnil : "Nous sommes décidés à répondre aux attentes" du public en matière de "transparence et de contrôle", a simplement ajouté l'entreprise.

Si Google veut faire appel, il devra saisir le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française.

50 millions, c'est beaucoup ?

La sanction reste modeste au regard de la puissance financière de Google : sa maison mère, Alphabet, a réalisé en 2017 un chiffre d'affaires en hausse de 23 % à 110,9 milliards de dollars, et un bénéfice net de 12,7 milliards.

Le montant est néanmoins du jamais vu en Europe pour une affaire de ce type.

Cela s'explique par le côté tentaculaire des traitements mis en oeuvre par Google qui, pour mieux cibler les internautes, peut croiser les données de plusieurs grands services internet en plus du moteur de recherche qui a fait sa fortune: YouTube (vidéo), Google Home (enceintes connectées), Google Maps (cartographie), Playstore (le magasin d'applications pour smartphone Android).

Google déjà condamné

Ce n'est pas la première fois que Google a maille à partir avec un grand régulateur sur les questions de protection de la vie privée: en 2012, il avait été condamné à payer une amende de 22,5 millions de dollars aux Etats-Unis par la Commission fédérale du commerce (FTC).

Mais c'est la première fois qu'un géant de l'internet se fait ainsi rattraper par un régulateur de l'Union européenne.