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Le Sénat français réclame des poursuites contre Alexandre benalla

Le Sénat français réclame des poursuites contre Alexandre benalla
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REUTERS/Charles Platiau
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Après six mois de travaux, la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla a rendu ses conclusions. Elle demande des poursuites pour "faux témoignage" contre L'ancien chargé de mission à l'Elysée, Alexandre Benalla et contre Vincent Crase l'ancien responsable de la sécurité de La République en Marche.

Faux témoignages

La commission estime que "contrairement à ses affirmations," Alexandre Benalla assurait bien, dans les faits, une fonction de protection rapprochée du chef de l'Etat".

"Nous avons réuni suffisamment d'éléments pour estimer que la sécurité du président de la République a été affectée. » a déclaré ce matin Philippe Bas, président de la commission des lois du Sénat.

"De nombreuses erreurs ou anomalies ou défaillances ont été constatées: sanctions insuffisantes au départ, justice tenue à l'écart, permis de port d'arme irrégulier, port d'une arme par monsieur Benalla en présence du président de la République, non-respect des règles de déontologie sur les conflits d'intérêt, maintien en possession de monsieur Benalla d'un téléphone crypté, de passeports diplomatiques ou de service qui n'ont pas été récupérés, absence d'instructions données à la police de l'air et des frontières de ne pas permettre à monsieur Benalla de sortir au moyen de ces passeports diplomatiques ou de services. "

Les passeports diplomatiques

Après son licenciement de l’Elysée, Alexandre Benalla est resté en possession de deux passeports diplomatiques, dont il s’est servi plusieurs fois pour voyager dans des pays africains en novembre et en décembre derniers. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire le 29 décembre dernier, notamment pour « abus de confiance » et « usage sans droit d’un document professionnel ». La commission épingle aussi Benalla sur ses déclarations sous serment au sujet des dits passeports.

En cause également, que la commission qualifie de mensonge autour d'un contrat de sécurité privé avec l'oligarque russe, Iskander Makhmudo, que Benalla aurait négocié pendant qu’il travaillait pour l’Elysée.

"La partie émergée d'un iceberg"

"Cela fait tout de même beaucoup", renchérit le président de la commission, "si bien que les faits constatés le 1er mai apparaissent maintenant comme la partie émergée d'un iceberg."

Au fil de leurs investigations, les sénateurs ont renforcé leur conviction qu'Alexandre Benalla occupait un poste autre que celui décrit par les collaborateurs de l'Elysée

Les rapporteurs dénoncent de « grave dysfonctionnements » et mettent notamment en cause, les témoignages, de trois hauts responsables à l'Elysée ; le directeur de cabinet du président Macron, Patrick Strzoda, du secrétaire général de la présidence de la République, Alexis Kohler, et du chef du groupe de sécurité de la présidence de la République, le général Lionel Lavergne, soupçonnés d'"omissions, incohérences" et "contradictions".

Que risque Alexandre Benalla ?

Entendus mardi par les juges d'instruction, Alexandre Benalla et Vincent Crase, sont depuis placé en détention provisoire. Les deux hommes pourraient y rester jusqu’à quatre mois maximum.

Mais les deux hommes risquent bien plus : tout témoignage mensonger devant une commission d'enquête parlementaire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.

Des peines pouvant être portées à sept ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende en cas de circonstances aggravantes.