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Macron promet des "actes" à la communauté juive

Macron promet des "actes" à la communauté juive
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Ludovic Marin/Pool via REUTERS
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Emmanuel Macron promet des "actes" à la communauté juive en France. "L'antisémitisme n'est pas le problème des Juifs, c'est le problème de la République", a martelé le chef de l'Etat.

C'est ce qu'a affirmé le président ce mercredi devant le CRIF, le conseil représentatif des Institutions juives. Un discours qui se déroule dans un contexte grave de recrudescence des actes antisémites, +74% l'année dernière. Le chef de l'État a déploré "une résurgence de l'antisémitisme sans doute inédite depuis la Seconde guerre mondiale".

"Depuis plusieurs années, et la situation s'est encore aggravée ces dernières semaines, notre pays - comme d'ailleurs l'ensemble de l'Europe et la quasi-totalité des démocraties occidentales - est confronté à une résurgence de l'antisémitisme sans doute inédite depuis la Seconde guerre mondiale", a-t-il déclaré. "À nouveau, depuis plusieurs années, l'antisémitisme tue en France . C'est bien que les visages peuplant ce soir nos consciences ne sont pas seulement ceux des héros que je viens d'évoquer mais bien ceux des martyrs récemment assassinés parce qu'ils étaient juifs", a-t-il poursuivi.

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Élargir l'antisémitisme à l'antisionisme

Le président de la République a annoncé que la France allait "mettre en oeuvre" la définition de l'antisémitisme élargie à l'antisionisme.

"La France, qui l'a endossée en décembre avec ses partenaires européens, mettra en oeuvre la définition de l'antisémitisme adoptée par l'Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah" (qui intègre l'antisionisme, NDLR), a-t-il développé, en martelant que "l'antisionisme est une des formes modernes de l'antisémitisme".

Ce texte ne sera toutefois pas contraignant, il s'agit de recommandations pour les forces de l'ordre : "Il ne s'agit pas de modifier le code pénal, encore moins d'empêcher ceux qui veulent critiquer la politique israélienne de le faire, non, ni de revenir sur des sujets que nous connaissons et qui sont ceux de la politique internationale (...), il s'agit de préciser et raffermir les pratiques de nos forces de l'ordre, de nos magistrats, de nos enseignants, de leur permettre de mieux lutter contre ceux qui cachent, derrière le rejet d'Israël, la négation même de l'existence d'Israël, la haine des juifs la plus primaire."

Lutter contre la haine sur les réseaux

Une des mesures avancées par Emmanuel Macron vise à renforcer la pression sur les opérateurs du Net, dans le cadre d'un renforcement de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme sur internet, sera déposé "dès le mois de mai" par la députée LREM Laëtitia Avia.

"La députée Laëtitia Avia déposera dès le mois de mai, c'est-à-dire dès la première fenêtre parlementaire possible au Parlement, une proposition de loi pour lutter contre la haine sur Internet reprenant les propositions de ce rapport", a expliqué le président.

"Nous devons à ce titre nous inspirer de ce que nos voisins allemands ont su faire de manière efficace et pragmatique: apporter des sanctions judiciaires, pénales et pécuniaires, appeler à la responsabilité des individus comme des plateformes. Il s'agira de mettre fin aux stratégies d'éviction déployées par des sites étrangers qui, changeant régulièrement de serveurs, sont aujourd'hui très difficiles à bloquer."

Dissolution de groupuscule extrémistes

Emmanuel Macron a demandé la dissolution d'"associations ou groupements" racistes ou antisémites, à commencer par les organisations d'extrême droite Bastion social, Blood and Honour Hexagone et Combat 18.

"Parce que la période met en cause ce que nous sommes, la France doit tracer de nouvelles lignes rouges (...). J'ai demandé au ministre de l'Intérieur d'engager des procédures visant à dissoudre des associations ou groupements qui par leur comportement nourrissent la haine, promeuvent la discrimination ou appellent à l'action violente", a déclaré le chef de l'Etat, citant nommément les trois organisations "pour commencer".

Déscolarisation des enfants juifs

Énonçant une ligne de conduite "poursuivre, punir et éduquer", il a également annoncé avoir demandé au ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, "de procéder à un audit des établissement marqués par le phénomène de déscolarisation des enfants de confession juive".

"Quand une telle déscolarisation se passe, elle dit quelque chose, parfois de ce que nous voulions ou ne pouvions voir, de ce qui ne se disait plus", a-t-il estimé.

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