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Verticale Tour Eiffel: une course au sommet dans une cage d'escaliers

Verticale Tour Eiffel: une course au sommet dans une cage d'escaliers
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Grimper les marches deux par deux et finir à bout de souffle au sommet d'une tour: c'est le quotidien des fans de courses d'escaliers, une discipline sportive dotée d'un circuit mondial. A Paris, ils viennent se défier à la Tour Eiffel pour une ascension hors du commun.

Avant chaque montée d'escaliers, Laure Chardin a besoin de s'échauffer longuement, entre 1 heure et 1 heure trente.

"La course d'escaliers, c'est un effort court et intense. Je monte les marches deux par deux, je ne m'arrête jamais avant d'être arrivée en haut. Et jamais je ne prends les marches une par une", raconte à l'AFP cette infirmière de 45 ans, l'une des 130 concurrentes en lice mercredi soir sur la Verticale de la Tour Eiffel.

Créée en 2015, cette compétition rassemble les meilleurs athlètes au monde ainsi que des amateurs, qui devront monter le plus vite possible au sommet de la Tour (324 m), soit 1665 marches dans un espace confiné. A ce jeu-là, l'homme le plus rapide est Piotr Lobodzinski, un pro de la course d'escaliers, qui a établi un record en 7 min 48 sec en 2016.

Ce Polonais de 33 ans est le N.1 mondial sur les deux circuits --le Tower Running World Association et l'International Skyrunning Federation-- qui alimentent la discipline, de Paris à New York (avec l'Empire State Building), en passant par Dubai et la Chine.

- Air sec et poussière -

Depuis qu'il a découvert ce sport en 2011, sa vie s'articule autour des montées d'escaliers avec une vingtaine de courses par an. Toutes les semaines, il fait 2 à 3 sessions d'entraînement en escalier, monte 49 étages 3 à 5 fois par semaine sans compter de la gym pour les bras et le haut du corps.

"Mon entraînement est très semblable à celui des coureurs de longues distances mais au lieu de prendre des montées, je fais des escaliers", explique Lobodzinski, qui court un 5 km en 14 minutes.

"Le plus difficile dans ce genre d'épreuves, ce sont les adversaires, l'air sec, la poussière, et beaucoup de douleurs. Et quand on monte la Tour Eiffel, on a la pluie et le vent en plus !", souligne le coureur polonais.

Car la Tour Eiffel est la seule épreuve ayant des escaliers ouverts sur l'extérieur. Toutes les autres courses se passent dans des cages d'escaliers, sans fenêtre, avec seulement une lumière artificielle. Il fait souvent très chaud et à l'arrivée, nombreux sont ceux qui toussent, voire même sont victimes de malaises.

- Angoissant -

Certaines courses --comme la Verticale de la Tour Eiffel-- se disputent en contre-la-montre, avec des départ toutes les 30 secondes ou 1 minute. Mais la plupart du temps, il s'agit d'un départ unique, où il faut savoir se positionner d'entrée de jeu et voir jouer des coudes pour doubler. Ou ne pas se faire doubler !

"C'est assez angoissant et rude pour les nerfs quand vous avez de nombreuses personnes qui se précipitent dans une petite cage d'escaliers", confie Suzy Walsham, N.1 mondiale également sur les 2 circuits.

Cette Australienne de 45 ans manie l'art de grimper deux par deux les marches en prenant l'appui sur la rampe pour mieux se projeter. Elle a déjà remporté 4 fois la Verticale de la Tour Eiffel.

"La Verticale de la Tour Eiffel est une course difficile parce que sur les deux premiers étages les marches ne sont pas uniformes comme dans un immeuble. La rampe est très petite et dans la seconde moitié de la montée, il y a quelque 40 marches sur une seule rangée, ce qui n'arrive presque jamais dans les tours", relève Walsham, qui compte 110 courses d'escaliers à son actif.

La discipline, assez peu connue, prend de plus en plus d'essor. La Verticale a reçu 750 inscriptions pour cette édition.

Selon, le Tower Running World Association, plus de 200.000 personnes ont participé à une course d'escaliers en 2018 pour plus de 300 courses référencées.

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