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Extrême-droite en Espagne : à la rencontre des partisans de Vox

Extrême-droite en Espagne : à la rencontre des partisans de Vox
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Dans ce deuxième numéro d'Insiders "L'Europe hors des sentiers battus", une série de reportages que nous vous proposons à l'approche des élections européennes de mai, nous sommes en Espagne, pays que l'on croyait immunisé contre l'extrême-droite du fait de son passé franquiste. Mais depuis la percée de l'extrême-droite lors des élections en Andalousie, la donne a changé. En décembre, le nouveau parti Vox a fait son entrée au Parlement régional en remportant douze sièges avec près de 11% des voix. Comment l'expliquer ? Notre reporter Valérie Gauriat a enquêté sur place.

Espoir de changement et crainte de l'extrémisme

Notre journaliste s'est rendue à La Línea de la Concepción pour rencontrer des militants et sympathisants de Vox. Beaucoup ont refusé d'admettre face caméra qu'ils adhèrent aux idées de la formation. Son siège de Madrid a donné des consignes invitant ses membres à ne pas parler aux médias. Certains partisans craignent eux d'être stigmatisés si on les associe à Vox dans ce bastion traditionnel du parti socialiste espagnol.

Sur place, une série de facteurs alimente le soutien à ce parti : cette région confrontée à un fort taux de chômage est un point d'entrée sur les côtes espagnoles pour les migrants, mais aussi une plaque tournante du trafic de drogue.

Dans ce contexte, la promesse de changement portée par Vox séduit : "C'est un parti différent des autres et on espère qu'il offrira quelque chose de plus que les autres partis, il faut qu'il aide plus les travailleurs et les petites et moyennes entreprises, qu'il fasse plus pour les gens modestes," lance un vendeur sur le marché de la ville.

Mais les discours anti-immigration par exemple ne passent pas auprès d'une partie des habitants comme une jeune femme qui interpelle les militants sur un stand de Vox en leur disant : "Vous provoquez de la haine envers ces personnes !" Dans la rue, d'autres reprennent ouvertement le principal credo du parti : "Les Espagnols d'abord et les autres après !" comme lance un jeune homme rencontré à la frontière avec Gibraltar.

Un autre habitant dans un café indique : "Tous ces gens qui viennent de l'extérieur et qu'on aide, qui vont à la mairie et elle leur paie l'électricité, l'eau... Il y a de quoi te mettre en rage ! Alors que les gens d'ici, du village, on ne les écoute pas !" s'indigne-t-il. Un troisième passant s'insurge face à un homme favorable aux idées d'extrême-droite : "En Espagne, il y a tout un tas d'abrutis qui ne sont pas encore sortis du franquisme !"

"Un parti qui n'est pas encore très bien structuré"

En fin d'émission, notre journaliste Valérie Gauriat de retour de tournage nous en dit plus sur le phénomène Vox. "Son siège à Madrid a décidé de boycotter tous les médias," fait-elle remarquer. Cette méfiance s'explique notamment par "quelques mésaventures après les élections régionales de décembre : leurs partisans sur le terrain ont tenu des propos très offensifs et racistes," raconte notre reporter.

"Donc ils veulent se débarrasser de cette image, mais ils ont du mal," poursuit-elle. "Ils affirment pour leur part qu'ils ne sont ni racistes, ni sexistes" même si ces thèses "figurent dans leur programme," rappelle notre présentatrice Sophie Claudet.

Valérie Gauriat cite une autre raison à ce positionnement flou : "C’est un parti assez récent et il n'est pas encore très bien structuré et il doit encore désigner ses candidats, ses dirigeants régionaux. Il y a des divisions à l'intérieur du parti et parmi ses membres," souligne-t-elle.

Enfin, le début d'ancrage de Vox en Andalousie ne doit pas faire oublier que ce parti "est encore tabou pour beaucoup de monde dans la région et à La Línead'autant plus qu'il y a beaucoup de gens qui travaillent à Gibraltar et Vox veut fermer la frontière avec Gibraltar. Donc les gens craignent de perdre leur emploi si on les associe à Vox," conclut-elle.