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Réforme de la C1: l'UEFA assume et présente aux Ligues son projet controversé

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La vaste levée de boucliers n'y a rien fait: les rumeurs d'une réforme controversée de la Ligue des champions se sont concrétisées mercredi avec un projet pour la rentrée 2024, présenté par l'UEFA aux Ligues nationales à son siège à Nyon.

Mercredi, lors de cette réunion au plus haut niveau, le président de l'instance européenne Aleksander Ceferin a présenté cette nouvelle structure de compétition, assurant toutefois que ce ne sont là que des pistes de réflexion pour lancer la discussion.

"Aucune décision n'a été prise. Jusqu'ici, ce ne sont que des idées et des opinions", a ainsi tempéré le dirigeant slovène dans un communiqué, conscient du vent de protestation engendré par cette réforme.

Quatre groupes de huit équipes, une croissance exponentielle du nombre de matches (quatorze journées pour la phase de groupe contre six actuellement), un système de promotion-relégation favorable aux grands clubs: le cocktail qui a fuité ces dernières semaines avait tout pour mettre le feu aux poudres.

Pour parer le coup, plus de 200 clubs (244), dont 19 français, se sont réunis mardi à Madrid. Le Suédois Lars-Christer Olsson, président de l'Association des Ligues professionnelles (European Leagues) à l'initiative de cette réunion, a exigé de l'UEFA que les clubs soient inclus "dans le processus de décision".

"Le processus démarre. Nous verrons comment les discussions et les négociations évoluent", a sobrement réagi mercredi European Leagues dans une déclaration à l'AFP.

Principal reproche fait à ce projet, cette Ligue des champions new look s'apparenterait de facto à une ligue quasi fermée, puisque les trois-quarts des équipes présentes la première saison auraient la garantie de s'aligner la saison suivante.

"Le processus doit changer, de l'information à la vraie négociation (...). Les compétitions domestiques doivent être la base des compétitions internationales. On doit se qualifier pour les compétitions de l'UEFA via les championnats nationaux. Sans ça, impossible de garder l'intérêt des supporters", avait plaidé Olsson mardi, disant s'exprimer au nom d'une "vaste majorité des clubs présents".

- Pas le week-end -

Un temps évoquée, l'idée de disputer des matches le week-end -la C1 s'est toujours déroulée en semaine, mise à part la finale- a pour sa part été mise de côté face aux très vives inquiétudes des Ligues professionnelles.

Le directeur général de la Ligue française (LFP), Didier Quillot, n'a pas voulu faire de "commentaire", mais a confirmé que l'UEFA avait réalisé "une présentation détaillée" de ce projet de C1.

Mardi à Madrid, il avait demandé à l'instance européenne de "revoir sa copie" en affichant ses craintes sur le "nombre de matches (...) ou la création d'une Ligue de facto fermée, nous n'en voulons pas. Nous ne voulons pas mettre en difficulté nos recettes, nos droits TV", avait-il prévenu.

Selon plusieurs médias, l'Association européenne des clubs de football (ECA) et son président Andrea Agnelli (Juventus Turin) seraient derrière ce projet qui favoriserait les clubs les plus puissants.

Le président de la Liga espagnole Javier Tebas, lui aussi vent debout contre cette réforme, va jusqu'à envisager des recours devant la justice en Espagne, en Suisse ou à Bruxelles, au nom du droit de la concurrence.

"Les rapports et études que nous avons commandés nous donnent beaucoup d'éléments pour penser que ce genre de recours pourrait fonctionner", a-t-il clamé mardi, assurant néanmoins que "le scénario d'un conflit n'est pas proche".

En France, le Paris SG, qui survole le championnat grâce à ses puissants propriétaires qataris, est le seul qui s'est montré favorable à cette réforme.

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