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Boris et Rachel Johnson, une rivalité fraternelle sur fond de Brexit

Boris et Rachel Johnson, une rivalité fraternelle sur fond de Brexit
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Rachel Johnson était en train de lancer sa campagne pour les européennes pour le parti europhile Change UK lorsqu'elle a appris que son frère Boris, ex-ministre des Affaires étrangères et partisan acharné du Brexit, était candidat pour Downing Street.

Mais cette annonce n'a pas déstabilisé la journaliste chevronnée de 53 ans, ancienne star de la télé-réalité. Car l'ex-maire de Londres n'a jamais vraiment caché qu'il souhaitait devenir Premier ministre depuis qu'il a quitté le gouvernement de Theresa May, en juillet, la trouvant trop conciliante avec l'UE dans sa stratégie du Brexit.

Le décor était planté pour la rivalité ouverte entre le frère et la soeur.

L'occasion en est, comble de l'absurde au pays qui a voté pour la sortie de l'UE, les élections européennes du 23 mai, que le gouvernement a bien été obligé d'organiser faute d'avoir pu trouver un accord avec le parlement pour mettre en oeuvre le Brexit à la date prévue du 29 mars. Le Royaume-Uni a désormais jusqu'au 31 octobre pour sortir de l'UE.

Si frère et soeur atteignent leur but, Rachel pourrait même, qui sait, jouer un rôle de médiatrice entre Bruxelles et un gouvernement dirigé par Boris qui tenterait de renégocier le divorce.

"Je ferais ce travail avec plaisir", a déclaré Rachel Johnson à l'AFP lors d'une visite à Bath, ville du sud-ouest de l'Angleterre connue pour ses thermes romains et son architecture, son premier déplacement en tant que candidate.

- "Question existentielle" -

La division au sein de la famille Johnson est semblable à celle qui traverse de nombreux foyers depuis que le Royaume-Uni a voté à 52% pour quitter l'Union européenne lors du référendum de juin 2016.

Le pays continue depuis de se déchirer sur le sujet. Pour Boris, le Brexit est synonyme d'un avenir radieux pour un Royaume-Uni indépendant. Rachel, elle, est horrifiée à la perspective que le pays perde son âme européenne.

"Je comprends qu'on puisse ne pas vouloir que d'autres décident pour vous, des gens pour qui vous n'avez pas voté", dit-elle pour expliquer le rejet de Bruxelles par ses compatriotes. "Mais je pense que nous sommes plus forts à l'intérieur de l'UE et que l'UE est plus forte avec nous", poursuit-elle, y voyant une "question existentielle".

C'est aussi une question très personnelle. "Je ne veux pas que mes petits-enfants me demandent: +Mamie, qu'as-tu fait lorsque Nigel Farage est arrivé à la tête du pays?+".

M. Farage, ancien leader du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni, UKip, arrivé en tête des élections européennes en 2014, dirige désormais le Parti du Brexit et pourrait bien rééditer la performance, crédité par les sondages d'environ un tiers des voix, celles d'une population frustrée de l'impuissance des partis traditionnels à réaliser le Brexit.

De l'autre côté de l'échiquier politique, le parti Change UK, composé de transfuges des partis travailliste et conservateur, est loin derrière, autour de 5% des voix, selon les sondages. Mais Rachel Johnson a des chances de décrocher un siège au Parlement européen.

Dans sa circonscription du sud-ouest, Change UK est crédité de très bons scores. La candidate a l'avantage d'être tête de liste et de porter un nom connu.

Agée d'un an de moins que Boris et dotée de la même tignasse blonde, elle partage avec son aîné charisme et énergie.

"J'ai dans le frigo des yaourts plus vieux que cette campagne", a-t-elle cependant reconnu avec humour. A Bath, elle a ainsi essuyé quelques couacs: sa vidéo de campagne s'est arrêtée à mi-parcours et son introduction devant des militants s'est achevée dans un silence gênant.

Ses assistants lui sont venus en aide en se lançant dans des applaudissements passionnés. Et Rachel Johnson a réussi à provoquer rires et applaudissements pour son premier discours de campagne.

Son message est simple: Change UK doit continuer à se battre même s'il sort abîmé du scrutin.

"Si le Parti du Brexit fait aussi bien que l'indiquent les sondages, cela confortera le gouvernement dans sa mission de mettre en oeuvre une sortie de l'UE sans accord, aux conséquences dévastatrices", a-t-elle prévenu. "Ce sera un échec pour nous tous."

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