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Rahul Gandhi, l'héritier face à un revers électoral cuisant

Rahul Gandhi, l'héritier face à un revers électoral cuisant
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Nouveau porte-flambeau de la célèbre dynastie politique des Nehru-Gandhi, dont le destin glorieux et tragique se mêle à celui de l’Inde, Rahul Gandhi a essuyé un cuisant revers aux élections législatives remportées haut la main par les nationalistes hindous du Premier ministre Narendra Modi.

Fils, petit-fils et arrière-petit-fils de Premiers ministres indiens, l’héritier de 48 ans a été broyé par la redoutable machine politique du Bharatiya Janata Party (BJP) au terme d’une campagne à couteaux tirés.

Le président du parti du Congrès a dû concéder jeudi une humiliante défaite personnelle dans la circonscription familiale d’Amethi, l’un des bastions traditionnels des Nehru-Gandhi.

Le seul BJP devrait remporter autour de 300 sièges, sur 542 députés élus au cours d’un gigantesque vote étalé sur six semaines, contre une cinquantaine pour la formation de Rahul Gandhi.

Portant toujours une tunique blanche, souvent une barbe châtain de trois jours, celui qui était perçu comme un dilettante a mis longtemps à éclore. Après un patient apprentissage dans l’ombre de sa mère Sonia, ce célibataire a fini par prendre la direction du Congrès fin 2017 et s’est jeté corps et âme dans l’arène politique indienne.

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Les temps où il comparait le pouvoir à un “poison” semblent loin désormais. Né et élevé en vue de gouverner, Rahul Gandhi avait donné du fil à retordre ces derniers mois au BJP, qui avait infligé au Congrès une série de défaites.

Il les a d’abord empêchés de prendre le contrôle du Karnataka, un grand Etat du sud où ils étaient pourtant arrivés en tête à une élection régionale. Il leur a également ravi les régions du Rajasthan, de Madhya Pradesh et de Chhattisgarh, trois Etats-clés du nord hindiphone.

Pendant plus d’un an, il a entretenu une virulente polémique sur l’achat de 36 avions Rafale à la France en septembre 2016. Sa formation accusait notamment le Premier ministre Modi d’avoir privilégié le conglomérat privé d’un magnat indien, dont il est considéré comme proche, au détriment d’une entreprise publique, en tant que partenaire du constructeur français Dassault.

En matière d’attaques frontales, le BJP n’est pas en reste. Le parti au pouvoir se plaît à pourfendre le “prince” Gandhi, issu d’une des plus grandes familles du pays et éduqué dans une bulle dorée, par opposition aux origines populaires de Narendra Modi.

Ses détracteurs lui ont même collé le surnom péjoratif de “pappu”, un terme familier désignant un idiot. “Vous pouvez m’insulter, vous pouvez m’appeler pappu, je n’ai pas une once de haine contre vous”, a rétorqué l’année dernière Rahul Gandhi dans un discours mémorable au Parlement… avant de franchir l’hémicycle pour aller serrer dans ses bras un Narendra Modi gêné.

Assassinats –

Venu au monde le 19 juin 1970, Rahul Gandhi n’a aucun lien de parenté avec le Mahatma Gandhi. Le nom Gandhi provient du mariage d’Indira Nehru, fille du héros de l’indépendance et premier chef du gouvernement indien Jawaharlal Nehru, avec Feroze Gandhi en 1942.

Il a 14 ans lorsque sa grand-mère Indira est assassinée par ses gardes du corps sikhs en 1984 dans la résidence où la Première ministre vit avec toute sa famille, 20 ans lorsque son père Rajiv est tué dans un attentat suicide en 1991.

Traumatisée par ces morts violentes, sa mère d’origine italienne Sonia finit par se laisser convaincre de reprendre les rênes d’un Congrès moribond à la fin des années 1990. Elle le ramène aux responsabilités en 2004. Si elle refuse alors de devenir Première ministre, elle n’en gouvernera pas moins son pays dans l’ombre pendant une décennie.

Légataire d’une dynastie politique qui remonte à Motilal Nehru (1861-1931), le jeune Rahul a étudié dans les plus prestigieuses écoles d’Inde avant de fréquenter Harvard et Cambridge. Il a vécu un temps à Londres et travaillé en tant que consultant en management.

Il se jette dans la politique indienne en 2004 en se présentant dans le circonscription familiale d’Amethi, dans l’Uttar Pradesh (nord).

Le Congrès avait fait de la lutte contre la pauvreté un des grands axes de sa campagne électorale. Il promettait notamment un revenu minimum garanti pour 50 millions de foyers s’il remporte les législatives.

Rahul Gandhi “semble s’accrocher aux idées socialistes de sa grand-mère (Indira Gandhi) et ne réalise pas que les gens ont changé, même les pauvres ont changé”, estime à cet égard le commentateur politique Parsa Venkateshwar Rao.

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