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Après les Européennes, la coalition de Merkel vacille

Après les Européennes, la coalition de Merkel vacille
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L’incertitude quant à la capacité du gouvernement d’Angela Merkel de tenir jusqu’en 2021 est plus grande que jamais en Allemagne après le camouflet infligé au centre droit de la chancelière, et surtout à son allié social-démocrate, aux élections européennes.

La cheffe de la CDU (chrétiens-démocrates), Annegret Kramp-Karrenbauer, désignée en décembre à la tête de ce parti pour succéder à Mme Merkel, a admis “des erreurs” : incapacité à se faire entendre des jeunes, à être audible sur la crise climatique et “fausse” impression donnée d’“un virage à droite” pour regagner les voix abandonnées à l’AfD (extrême droite).

“On doit en tirer les conclusions”, a-t-elle dit, promettant un programme refondé en vue des législatives de 2021.

Pour cela, la “grande coalition” au pouvoir doit tenir encore plus de deux ans afin d’aller jusqu’au terme prévu de la mandature.

Mais les trois partis qui la composent – CDU, chrétiens-sociaux bavarois (CSU) et sociaux-démocrates (SPD)- n’ont cessé de se disputer. En outre, la chancelière est affaiblie et d’autres formations, comme l’AfD et les Verts, ont rogné leur électorat.

- Mauvais bulletin /p>

Le verdict des européennes est donc sans appel : “Ce n’est pas un bon bulletin scolaire qu’a reçu la grande coalition”, a dit Markus Söder, le président de la CSU, le parti frère de la CDU.

Ces deux formations conservatrices ont limité la casse en arrivant en tête dimanche. Mais avec 28,9% (-7,4%), c’est leur plus mauvais score dans une élection nationale depuis la fondation de l’Allemagne contemporaine en 1949.

C’est néanmoins du côté des sociaux-démocrates que les problèmes sont les plus sérieux et pourraient précipiter à terme la fin de l’actuelle coalition.

“La débâcle du SPD fait tanguer la coalition”, juge ainsi le quotidien Bild lundi.

Le plus vieux parti d’Allemagne n’a recueilli que 15,8% des suffrages, en repli de plus de 11 points, se faisant doubler par des Verts qui multiplient par deux leur précédent score en obtenant 20,5% et deviennent la deuxième force politique du pays.

“Jamais dans son histoire, depuis l’adoption de son nom actuel en 1893, le SPD n’avait glissé sous les 20% à des élections nationales, sauf en mars 1933”, un scrutin dévoyé par les nazis, relève le Spiegel.

Départ de la coalition ? –

La présidente du parti Andrea Nahles, très contestée en interne, insiste pour rester dans la coalition et a exclu de démissionner.

Autour d’elle toutefois, depuis des mois, la grogne monte, tout comme l’envie de se reconstruire dans l’opposition, quitte à provoquer des législatives anticipées.

Trois figures de l’aile gauche du mouvement, dont le responsable des Jeunes du parti, Kevin Kühnert, ont pris lundi la plume pour exiger que le SPD impose des réformes sociales ou claque la porte du gouvernement “si nécessaire” avant la fin prévue de la mandature actuelle.

“Nous n’avons pas pris un abonnement avec la droite” pour gouverner ensemble, écrivent-ils dans leur appel.

La controverse entre les deux grands partenaires de la coalition s’est cristallisée ces dernières semaines autour de l’introduction d’un minimum vieillesse garanti. Le SPD veut l’imposer, les conservateurs s’y refusent en l‘état.

S’ajoute leur incapacité à s’entendre sur un thème devenu stratégique : la lutte contre le changement climatique, un domaine où l’Allemagne est à la traine.

Les discussions s’annoncent très compliquées dans le sillage des élections.

Au plus tard en septembre, le SPD a prévu de faire un bilan à mi-mandat et de décider de rester dans la coalition ou de la quitter, ce qui provoquerait des élections anticipées et la fin de la carrière politique d’Angela Merkel.

Les chrétiens-démocrates craignent aussi des échecs électoraux en septembre et en octobre, quand trois scrutins régionaux sont prévus en ex-Allemagne de l’Est, des bastions de l’extrême droite.

Au plan national, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a réalisé dimanche un score plutôt décevant pour elle à 11%, soit moins qu’aux législatives de 2017.

Mais dans les régions de l’Est, elle a confirmé son ancrage : elle arrive en tête dans deux des trois Länder (Etats régionaux) qui votent dans quelques mois, la Saxe et le Brandebourg.

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