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Présidentielle en Tunisie : les femmes grandes absentes

Présidentielle en Tunisie : les femmes grandes absentes
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Par euronews avec AFP
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Les femmes sont les grandes absentes de la présidentielle en Tunisie. Pourquoi ont-elles déserté le champ politique ? Entre désillusion, manque de soutien, de solidarité et une société patriarcale très conservatrice, les femmes sont désenchantées.

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La Tunisie aurait-elle fait une croix sur les femmes en politique ? A la présidentielle de dimanche, sur 26 candidats, seules deux femmes sont en lice, une avocate anti-islamiste et une ex-ministre. Pourtant le pays compte près de 6 millions de femmes sur une population globale d'un peu plus de 11 millions d'habitants. Alors comment expliquer cette désaffection des femmes en politique ?

"Dans la mentalité tunisienne, on ne vote pas pour les femmes explique Zyna Mejri, militante tunisienne. Regardez l'exemple de la députée Samia Abbou. L'année dernière dans les sondages, elle était en tête de la liste des politiciens en qui les Tunisiens avaient le plus confiance. Le même mois , des enquêtes sur les intentions de vote la plaçaient en bas de la liste."

Militantes, femmes de terrain ou anciennes élues, elles disent n'attendre "pas grand-chose" du scrutin. Elles dénoncent un système patriarcal, une augmentation des violences, un recul des droits, et un conservatisme de la société. Un climat qui dissuade selon elles, l'engagement.

"Combien de gouvernements avons-nous vus ? Six ou sept ? Combien de femmes ministres ? Pas plus de 15. Dans le gouvernement actuel, il y en a trois bien qu'il y ait plus de 30 ministres. Et si l'on compte les secrétaires d'État, le gouvernement compte 40 membres, dont seulement cinq femmes. Ça, c'est une honte. Le nombre de femmes ne dépasse pas 10%" souligne Zyna Mejri, militante tunisienne.

Pourtant, la Tunisie est considérée, depuis son indépendance, comme une pionnière des droits des femmes dans le monde arabe et musulman, avec l'adoption en 1956 du code du statut personnel qui a notamment aboli polygamie et répudiation.

Ces dernières années, le défunt président Essebsi, a fait voter plusieurs textes importants, comme une loi contre les violences faites aux femmes ou l'abrogation d'une circulaire leur interdisant d'épouser un non-musulman.

Mais le décalage entre l'image du pays progressiste et le conservatisme de la société persiste.

Pour ces femmes, le combat passe par un "changement des mentalités" en Tunisie.

avec AFP

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