Au terme d'un procès en appel lors duquel chaque partie aura campé sur ses positions, la défense de l'ex-président a répété que "pas un centime" d’argent libyen n’avait atterri dans sa campagne présidentielle de 2007.
"Cette affaire de prétendu financement libyen de ma campagne a commencé dans le mensonge et dans le complot elle doit finir dans la vérité et dans la transparence", a déclaré l'ancien président français Nicolas Sarkozy à la barre, ce mercredi 27 mai, lors de la dernière journée de son procès en appel. "Jamais je ne pourrai avouer quelque chose que je n'ai pas fait, ce n'est pas la comédie que j'ai joué devant vous".
"Treize ans qu'on cherche par tous les moyens, par toutes les forces, à impliquer Nicolas Sarkozy dans ce roman grotesque", a déclaré plus tôt dans la journée Christophe Ingrain, l'un des quatre avocats de l'ex-président français. "On ne condamne pas sur une hypothèse", a-t-il martelé, réclamant la relaxe de son client.
De son côté, le parquet général désigne Nicolas Sarkozy comme l'"instigateur" d'un pacte de corruption avec la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi, au "plus haut niveau de gravité que la République puisse connaître".
Le ministère public a ainsi réclamé, le 13 mai, la condamnation de Nicolas Sarkozy à sept ans de prison, 300 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité pour association de malfaiteurs, financement illégale de campagne, recel de détournement de fonds publics libyens et corruption.Ces réquisitions sont similaires à celles du Parquet national financier en première instance.
L'année dernière, l'ancien président a écopé de cinq ans de prison pour association de malfaiteurs à l'issue du premier procès, mais a été relaxé des trois autres infractions pour lesquelles il était jugé. Cette condamnation l'a conduit à une incarcération de vingt jours à la prison de la Santé à Paris. Ses plus proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, qui ont également fait appel, avaient eux aussi été condamnés.
Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir, avec ses collaborateurs Brice Hortefeux et Claude Guéant, noué un "pacte de corruption" avec le régime de Mouammar Kadhafi. L'objectif, selon l'accusation, était d'obtenir des fonds occultes pour financer sa campagne, via l'intermédiaire Ziad Takieddine, en échange de contreparties. Parmi celles-ci, l'examen de la situation pénale d'Abdallah Senoussi, le commanditaire de l'attentat du DC-10, condamné par défaut pour terrorisme.
Après avoir remis en doute la probité de Claude Guéant, son ancien proche collaborateur en incapacité de comparaître à ce procès en appel pour raisons de santé, Nicolas Sarkozy a vu sa défense fragilisée. L'ex-ministre de l'Intérieur a produit deux documents qui remettent en cause la version de Nicolas Sarkozy et assuré que l'ex-président avait mis sur la table le sort judiciaire du terroriste Abdallah Senoussi, cerveau de l'attentat du DC-10 commis en 1989, pour obtenir des fonds publics libyens pour financer sa campagne.
Mise en délibéré, la décision du procès en appel est attendue le 30 novembre.