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Vers une alimentation plus durable dans nos assiettes

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Vers une alimentation plus durable dans nos assiettes
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La production, la distribution et la consommation alimentaires telles qu'elles sont actuellement organisées pèsent lourdement sur les ressources de la planète. Cette année, le 10ème Forum International de l'Alimentation et de la Nutrition de Milan organisé par la Fondation Barilla se donne pour objectif de réconcilier business, innovation et préservation de la planète.

Notre journaliste Olaf Bruns qui s'est rendu au forum, a eu l'occasion de s'entretenir avec des chercheurs spécialisés dans l'alimentation durable. Cette grande plateforme annuelle vise à promouvoir un changement radical dans l'état d'esprit des gouvernements, des organisations de la société civile, du secteur privé et de la recherche scientifique.

"Nous souhaitons mettre en avant le mot «action»" explique Ludivoca Principato, chercheuse pour la Fondation Barilla. "Nous voulons créer un réel impact. C'est pourquoi nous avons invité de nombreux intervenants pertinents qui peuvent nous aider à trouver des solutions concrètes" ajoute-t-elle.

Ludovica Principato

Parmi eux, Riccardo Valentini, membre du panel intergouvernemental sur le changement climatique (GIEC), qui a évoqué le projet SU-EATABLE LIFE, financé par la Commission européenne. Ce programme promeut les régimes alimentaires sains et durables pour participer à la réduction d'émission de C02.

La production alimentaire représente 1/3 des émissions de CO2

"C'est une immense expérimentation sociale, car elle implique plus de 10 000 personnes" explique-t-il. "Nous voulons convaincre les gens, là où ils mangent, notamment dans les cantines d'entreprises, de réduire leur empreinte en termes d'émissions de gaz à effet de serre, en passant d'un régime alimentaire non durable à un régime plus respectueux du climat".

Alors que la production alimentaire génère 1/3 des émissions de CO2 dans le monde, Riccardo Valentini veut croire en l'aspect "social" de la nourriture pour inciter les gens à agir. Le repas est "un moment de bonheur et de partage" propice à la création de choses communes analyse-t-il. "Nous croyons aussi fermement à la créativité des chefs. Je pense qu'ils font beaucoup de choses, avec les légumes par exemple, qui sont vraiment très attrayantes".

La digitalisation agroalimentaire

Le forum a également permis d'évoquer la "digitalisation agroalimentaire", un domaine qui vise à explorer le potentiel de la technologie pour rendre la production alimentaire plus durable. Andrea Renda a rédigé un rapport sur cette question.

"Cela signifie, mettre des capteurs dans le sol et demander à ces capteurs de collecter des informations sur comment traiter ce sol, et à quelle époque" explique Andrea Renda**,** chercheur au Centre d'études politiques européennes.

"Il s'agit de savoir si la température, si l'humidité est correcte. Ces indicateurs nous permettent d'avoir une précision presque chirurgicale dans le traitement du sol. Cela implique également l'utilisation de drones dans les champs pour prendre des photos et utiliser l'intelligence artificielle afin de comprendre quels fruits sont mûrs et lesquels ne le sont pas."

"Cela signifie également parcourir le sol et la terre et comprendre exactement où pulvériser un pouce de pesticide, plutôt que de pulvériser partout" précise-t-il, avant de donner un exemple concret :

"Imaginez une petite communauté d'agriculteurs qui décide d'unir leur forces et d'utiliser des drones, qu'est ce que cela signifie ? Je peux utiliser un drone pendant une demi-heure à moindre coût pour obtenir des données et j'aurai les résultats".

Au cours du forum, de nombreux intervenants ont lancé un appel à la responsabilité des consommateurs et à celle de l'industrie alimentaire. La majorité s'accorde pour dire que le changement climatique et la pollution ne peuvent être combattus sans des règles claires établies par les Etats, ou l'Union européenne.