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Invasion de criquets pèlerins en Afrique de l'Est

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Invasion de criquets pèlerins en Afrique de l'Est
Tous droits réservés  TONY KARUMBA / AFP   -   TONY KARUMBA / AFP
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Ils dévorent les cultures et ils ne reste plus rien après leur passage. L’Afrique de l’Est n’avait pas connu ça depuis 25 ans. Depuis fin décembre, des milliards de criquets pèlerins ont détruit des milliers d’hectares.

La situation pourrait encore s’aggraver. Selon L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les insectes pourraient rester plusieurs années dans les zones affectées. Au Kenya, une telle invasion n'avait pas été observée depuis 1961. D’où la question, pourquoi maintenant ?

"Parce que les criquets pèlerins ont fondamentalement besoin de sable humide pour pondre leurs œufs, et ces conditions ont été créées par trois cyclones consécutifs dans la péninsule arabique, ce qui est assez exceptionnel. Est ce que ça dépend du changement climatique ? Je ne peux pas le dire avec certitude. Cela fait partie des variables", explique Daniele Donati, Directeur adjoint de la Division des urgences et de la réhabilitation de la FAO.

Des pays comme la Tanzanie et l’Ouganda, situés en dehors de la Corne de l'Afrique, sont confrontés pour la première fois à ce fléau. Le Soudan, et notamment le Soudan du Sud, est également très menacé. Un seul de ces essaims peut couvrir jusqu'à 2 400 km², la taille du Luxembourg. Ces essaims particulièrement gros dévorent l’équivalent de 400 000 tonnes de nourriture par jour, ravageant les moyens d'existence des populations rurales et réduisant, par ricochet, les stocks alimentaires.

Quand le prix du lait augmente d'un euro, ce n’est presque pas perceptible pour les citoyens européens. Mais une telle hausse dans les régions rurales de la corne de l’Afrique peut provoquer un changement majeur dans la vie des familles et modifier considérablement leurs dépenses. Elle risque d’abandonner leurs terres, de ne plus scolariser leurs enfants", ajoute Daniele Donati, Directeur adjoint de la Division des urgences et de la réhabilitation de la FAO.

Certaines régions ont même fait appel à l’armée pour lutter contre ce déferlement. Une course contre la montre se joue sur le terrain. Les criquets pèlerins sont capables de parcourir 150 kilomètres par jour. L’ONU a lancé un appel de fonds de 69 millions ‘euros pour faire face à l’invasion.

"Nous devons aller plus vite. L’un de nos principaux défis est d’arriver à être prêts avant la prochaine saison des pluies qui débutera fin mars", estime Daniele Donati.

Les États-Unis ont récemment débloqué 800 000 dollars pour aider à lutter contre les criquets pèlerins. L'Union européenne a de son côté offert un million d'euros.