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Le carnaval de Rio, tribune citoyenne pour critiquer le pouvoir

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Des milliers de danseurs, des chars monumentaux, et des messages au gouvernement, les 13 écoles de samba ont enchanté le carnaval de Rio. Et elles ne se sont pas privées de critiquer le président Bolsonaro, au pouvoir depuis un an. L'école de Sao Clemente a ouvert le feu en dénonçant le flot de fausses informations lors de l'élection du leader d'extrême droite, avec un humoriste déguisé en Jair Bolsonaro sur le char.

Violences policières, discriminations raciales ou sexuelles, corruption, catastrophes environnementales, les critiques ont fusé :

_ "Ce n'est pas une manifestation contre la politique mais contre les mauvais politiciens qui ont menti pour être élus, comme l'a fait Bolsonaro,_ explique Marcio Tavares, membre de l'école de samba Sao Clemente et historien_. Notre école de samba vient chaque année montrer que le carnaval représente une face du Brésil bien meilleure que celle que donnent nos politiciens et notre président."_

"Le carnaval c'est le moment d'exprimer ce qui ne va pas dans le pays, ajoute Jaqueline Feitosa de l'école Sao Clemente_, la politique, l'éducation, la santé. Et puis aussi les bonnes choses parce qu'il ne faut pas que critiquer."_

Le carnaval a aussi puisé dans les racines indigènes du Brésil, alors que la déforestation en Amazonie a doublé pendant la première année du gouvernement Bolsonaro. Les écoles de samba, pratiquement toutes créées dans des favelas, ont dû faire preuve de créativité cette année, recyclant parfois des chars de l'an dernier. Elles ont en effet été privées de subventions par le maire évangélique de Rio qui ne goûte guère l'exubérance sensuelle de la plus grande fête du monde.