ProcĂšs Fillon : le jugement sera rendu le 29 juin

François et Penelope Fillon, le 24 février au tribunal correctionnel de Paris, France
François et Penelope Fillon, le 24 fĂ©vrier au tribunal correctionnel de Paris, France Tous droits rĂ©servĂ©s Thibault Camus, AP
Par Euronews avec AFP & AP
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đŸ‡«đŸ‡· Le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement le 29 juin.

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Un "roman", une "enquĂȘte Ă  charge" : au dernier jour du procĂšs Ă  Paris de l'ancien Premier ministre François Fillon et de sa femme Penelope, la dĂ©fense s'est Ă©vertuĂ©e mercredi Ă  dĂ©monter les soupçons d'emplois fictifs de Mme Fillon et Ă  livrer sa "vĂ©ritĂ©".

Les six avocats du couple Fillon et de Marc Joulaud, ancien suppléant de François Fillon à l'Assemblée nationale, ont plaidé tour à tour la relaxe générale, au lendemain d'un féroce réquisitoire du parquet national financier (PNF), qui a demandé cinq ans de prison, dont deux ferme, contre un François Fillon "cynique", appùté par le "gain".

Le jugement sera rendu le 29 juin

Offensif, l'avocat de l'ex-candidat de la droite Ă  la prĂ©sidentielle, Antonin LĂ©vy, s'est Ă©levĂ© contre un "brĂ»lot", une "enquĂȘte folle", ouverte en janvier 2017 en pleine campagne prĂ©sidentielle, aprĂšs un article du Canard EnchaĂźnĂ©.

"Onze perquisitions", dont "une double" à l'Assemblée nationale, "44 personnes entendues", a rappelé l'avocat. Citant nommément chacune d'elles, il a ridiculisé certains des témoignages, balayé les autres jugés "pas pertinents" pour dire si l'emploi de Mme Fillon comme collaboratrice parlementaire était ou non fictif.

Pourquoi n'avoir pas donnĂ© suite aux tĂ©moignages plus favorables ? interroge Me LĂ©vy. Car "pour pouvoir ĂȘtre entendu, et vite, il faut dire que Penelope Fillon n'a pas travaillĂ©", a-t-il taclĂ©.

Ces "choix" ont selon l'avocat "contraint" la dĂ©fense Ă  "un stratagĂšme" : verser aux dĂ©bats, et non lors de l'enquĂȘte, plusieurs dizaines de tĂ©moignages surprise attestant de la rĂ©alitĂ© du travail de Penelope Fillon.

Pour ses emplois d'assistante parlementaire, Mme Fillon a perçu 613 000 euros nets d'argent public entre 1998 et 2013.

Presque aucune trace des missions qui lui ont Ă©tĂ© confiĂ©es n'a Ă©tĂ© retrouvĂ©e, preuve de leur "fictivitĂ©" pour l'accusation, qui a requis trois ans de prison avec sursis et 375 000 € d'amende contre l'Ă©pouse de l'ancien Premier ministre.

Deux ans avec sursis et 20 000 € d'amende ont par ailleurs Ă©tĂ© demandĂ©s contre Marc Joulaud, maire de SablĂ©-sur-Sarthe et candidat Ă  sa rĂ©Ă©lection.

"Violence inouĂŻe"

"On a beaucoup glosé sur l'oralité du travail de Penelope Fillon et l'absence des traces", a souligné Antonin Lévy. Mais d'autres collaborateurs de François Fillon n'ont "rien conservé" des comptes-rendus qu'ils ont pu faire au député, "sans considérer qu'ils avaient un emploi fictif".

Le rÎle de collaboratrice parlementaire de Mme Fillon n'était connu que d'un petit cercle ? Mais "neuf personnes, neuf" connaissaient cette qualité, dont les aßnés du couple, a pointé Me Lévy, s'attachant à pilonner un à un les éléments à charge de l'accusation.

Il a également demandé au tribunal de "prendre en compte" la séparation des pouvoirs, souvent brandie par François Fillon, selon laquelle le juge ne peut pas interférer sur les tùches confiées par un parlementaire à ses collaborateurs.

Mme Fillon était "les yeux et les oreilles de son mari", entretenait le lien entre le député et les "électeurs des cantons ruraux", avait assuré l'un de ses avocats, Pierre Cornut-Gentille.

"Tout homme politique important aime avoir auprÚs de lui quelqu'un qui ne fait pas carriÚre, qui est extérieur à ses ambitions politiques", avait-il ajouté, vilipendant par ailleurs la "violence inouïe" de l'accusation, qui a présenté Mme Fillon comme la "victime consentante" des agissements de son mari.

Dans la matinée, la défense avait plaidé la prescription des infractions reprochées.

A ses yeux, les contrats de Penelope Fillon n'étaient pas "dissimulés" au sens de la loi puisqu'ils étaient déclarés aux organismes sociaux et à l'Assemblée. DÚs lors, le délai de prescription de trois ans commence à courir au moment de ces contrats, pas de la révélation de l'affaire par le Canard Enchaßné, donc les poursuites engagées en 2017 étaient trop tardives.

De mĂȘme pour l'emploi de Mme Fillon Ă  la Revue des deux mondes du milliardaire Marc Ladreit de LacharriĂšre, dĂ»ment dĂ©clarĂ©.

L'affaire avait atomisé la campagne présidentielle de François Fillon, alors donné favori.

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"J'ai souvent entendu dire que dans ce dossier vous ne pourriez que condamner parce que si vous ne condamniez pas, cela voudrait dire que l'élection aurait été confisquée au peuple français. Je suis intimement convaincu qu'il n'y a aucune raison de vous faire cette injure", a conclu Me Antonin Lévy.

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