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Coronavirus : avec 4 000 morts, l'Europe se referme sur elle-même

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Les rues désertes de Paris le 19 mars 2020, troisième jour de confinement en France
Les rues désertes de Paris le 19 mars 2020, troisième jour de confinement en France   -   Tous droits réservés  CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP
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Partout sur le Vieux Continent, les portes se ferment. Face à la pandémie de Covid-19, devenu plus meurtrier qu'en Asie, les pays européens se calfeutrent chaque jour un peu plus.

L'Italie paie le plus lourd tribut avec pratiquement 3 000 morts

A Rome, les autorités s'inquiètent car le pays pourrait compter prochainement plus de morts qu'en Chine, alors que le "pic" de l'épidémie ne semble pas encore atteint.
Le nombre de morts dans la péninsule, 2 978 selon les derniers chiffres, risque de faire de l'Italie dès jeudi le pays ayant dénombré le plus de décès, devant la Chine (3 245 morts). La population italienne est en moyenne plus âgée, ce qui peut être un facteur important, mais pas exclusif.

Une semaine après le début du confinement généralisé, la péninsule a enregistré mercredi 475 décès en 24 heures, le plus grave bilan quotidien dans un seul pays, dépassant même les données chinoises au plus fort de la maladie à Wuhan, son premier épicentre.

"Le plus grand défi" en Allemagne depuis la Seconde guerre mondiale

La chancelière allemande Angela Merkel s'est exprimée en direct à la télévision mercredi soir et a évoqué "le plus grand défi" qu'ait connu l'Allemagne depuis la Seconde guerre mondiale.

"Je crois fermement que nous réussirons dans cette tâche si tous les citoyens la considèrent vraiment comme leur tâche", a martelé Angela Merkel, appelant au respect des règles de distanciation et réduction de la vie sociale à son minimum en Allemagne.

Le dernier bilan outre-Rhin était mercredi soir de 8 198 cas confirmés et de 12 décès. Le pays n'a pas pris de mesures de confinement mais les autorités conseillent de limiter les contacts entre les personnes. Des contrôles stricts aux frontières ont par ailleurs été mis en place.

Etat d'urgence sanitaire en France

Le confinement de la population est entré en vigueur depuis mardi en France. Les forces de l'ordre contrôlent le respect de ces nouvelles règles. Face à la gravité de la situation, le gouvernement français va prendre des mesures encore plus strictes, comme la mise en place d'un état d'urgence sanitaire. Le texte doit être voté jeudi et vendredi alors que le nombre de malades augmente de façon exponentielle dans l'Hexagone.

Le coronavirus se propage en effet de plus en plus rapidement en France. Le bilan des victimes s'est alourdi mercredi, au deuxième jour du confinement ordonné par le gouvernement, avec un risque de saturation des services d'urgence.

Ce jeudi matin la directrice générale de l'agence sanitaire Santé publique France, Geneviève Chêne, a estimé que la prolongation du confinement sera "très vraisemblablement nécessaire", en précisant qu'il faudrait attendre "entre 2 et 4 semaines" pour observer un changement dans la dynamique de l'épidémie de coronavirus.

Les hôpitaux français accueillent désormais 3 626 patients dont 931 sont en réanimation. Parmi ces cas les plus graves, la moitié sont âgés de "moins de 60 ans", a insisté jeudi soir le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon en annonçant un total de 264 décès, soit 89 supplémentaires par rarport à la veille.

Mesures renforcées au Portugal et unité nationale en Espagne

Le Portugal a été l'un des derniers pays européens à déclarer l'état d'urgence. Le gouvernement portugais devrait renforcer les mesures déjà en place en annonçant ce jeudi des restrictions à la libre circulation. Les liens étroits avec l'Espagne, deuxième pays le plus touché en Europe, inquiètent les autorités.

Madrid recensait plus de 17 000 cas et plus de 700 morts ce jeudi . Le roi d'Espagne a appelé à l'unité mercredi.

"Il y a des moments dans l'histoire des peuples où la réalité nous met à l'épreuve d'une manière difficile, douloureuse et même extrême. Des moments où les valeurs d'une société et la capacité même d'un État sont mises à l'épreuve", a ainsi déclaré Felipe VI.

Les écoles ferment au Royaume-Uni, mais pas de confinement

Le Royaume-Uni a finalement annoncé mercredi la fermeture des écoles et des universités, dans le contexte de pandémie de Covid-19. Le pays restait l'un des rares en Europe à n'avoir pris aucune mesure pour contrer l'avancée du virus.

Le confinement n'est toujours pas obligatoire, mais recommandé par Boris Johnson, qui a subi une forte pression ces derniers jours pour agir alors que le nombre de décès a augmenté de 30% en une journée.

"Bien sûr, les gens doivent prendre leurs propres décisions. Je crois, comme je l'ai dit, à la liberté, mais ne doutons absolument pas du fait que ce sont des choix très, très importants que nous faisons maintenant dans notre vie quotidienne" a expliqué le Premier ministre britannique.

Londres a annoncé ce jeudi vouloir augmenter sa capacité de test pour atteindre les 25 000 dépistages par jour, alors que le Covid-19 a contaminé 2 626 personnes et tué 103 autres sur le sol britannique.