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Coronavirus : le cri de colère d'un médecin français contaminé et confiné

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Coronavirus : le cri de colère d'un médecin français contaminé et confiné
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"On est en train de perdre des médecins libéraux, qui sont en train de mourir". C'est le cri de détresse d'un médecin généraliste, qui fait écho à celui de nombreux autres.

Jean-Paul Hamon ne mâche pas ses mots contre le gouvernement : "Il faut faire le ménage dans ces administrations, qui se superposent, qui s'empêchent de fonctionner (...) et qui ne sont pas foutues de prévenir la population".

Alors que cinq médecins (dont trois généralistes) ont perdu la vie dans leur combat contre la pandémie de coronavirus en France, le président de la Fédération des médecins généralistes de France, lui-même contaminé par le covid-19, se dit consterné par un "manque de préparation" de la part de l'Etat et du "manque de moyens" accordés aux généralistes, qui sont en première ligne eux aussi.

Selon les données déclaratives collectées par le Quotidien du médecin à la suite d'un appel à témoins, plusieurs centaines de praticiens seraient aujourd'hui contaminés en France par le coronavirus. Les plus touchés sont les médecins libéraux.

Et selon les chiffres récoltés et actualisés en temps réel par le Quotidien du médecin, plus de la moitié des médecins diagnostiqués n'ont pas été testés.

"C'est une faute grave, pour laquelle nous demanderons des comptes"
Jean-Paul Hamon
Médecin généraliste et président de la Fédération des médecins de France

"Une anomalie totale !"

"Un gouvernement digne de ce nom maintient des stocks en quantités suffisantes pour protéger la communauté médicale mais également pour protéger sa propre population", pointe du doigt Jean-Paul Hamon. "C'est une anomalie totale que de ne pas avoir pas maintenu, pour 20 millions d'euros, des masques en stock. C'est une faute grave, pour laquelle nous demanderons des comptes", a-t-il assuré.

"Dans une EHPAD où je vais le plus souvent (...) ils fonctionnent avec leurs stocks depuis le début, et ils viennent de toucher de nouveaux masques seulement maintenant !", souligne-t-il.

Le gouvernement dit avoir engagé une montée en puissance des capacités de tests, et mercredi soir, le président français Emmanuel Macron a annoncé un "plan massif d'investissement" dans les hôpitaux "à l'issue de la crise".

Mais pour Jean-Paul Hamon, c'est trop peu et trop tard. Dans un contexte de "désertification", il va falloir "qu'Emmanuel Macroninvestisse massivement sur le système de santé", a demandé le médecin. "Et un système de santé qui fonctionne, c'est une médecine libérale qui est attractive, c'est une médecine de proximité, qui permet justement d'éviter aux hôpitaux d'être surchargés par des pathologies qui n'ont rien à y faire".

"On peut pas investir uniquement sur l'hôpital et négliger la médecine libérale, comme elle a été négligée et oubliée complètement par cette administration pléthorique dans la préparation de cette pandémie", a-t-il relevé.

Pour éviter de nouvelles contaminations, le gouvernement a demandé aux patients de contacter leur médecin par téléphone et de privilégier une consultation par visioconférence dans la mesure du possible. Afin de préserver des médecins généralistes, qui sont eux aussi, en première ligne dans cette crise sanitaire historique.