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Le combat des personnes trans pour se faire une place dans le football professionnel en Argentine

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Le combat des personnes trans pour se faire une place dans le football professionnel en Argentine
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Âgés respectivement de 20 et 23 ans, Mara Gomez et Marcos Rojo espèrent devenir les premiers footballeurs trans à se faire une place dans le milieu du football professionnel dans le pays de Lionel Messi.

Ce reportage a été tourné avant la pandémie de coronavirus

C'est sur ce terrain de football que les lignes bougent le plus pour Mara Gomez. A 23 ans, cette joueuse du club Villa San Carlos, à La Plata, ville située au sud de Buenos Aires (Argentine), espère devenir la première footballeuse trans à être admise au sein de la ligue professionnel de football féminin du pays.

Ce serait l'aboutissement d'un long chemin semé d'obstacles. "Quand j'ai commencé à jouer, il y avait beaucoup de discrimination, d'exclusion, d'abus et de violence verbale dans les rues et à l'école", raconte Mara Gomez.

Le football, un sport qui l'a aidée à se construire face aux discriminations. "Je suis très heureuse de savoir qu'en tant que société, nous faisons un peu plus, nous ouvrons les esprits", dit-elle face à la perspective de devenir professionnelle dans ce pays qui compte de nombreux joueurs parmi les meilleurs du monde.

Mara Gomez joue au football depuis l'âge de 15 ans. Aujourd'hui, elle s'est imposée comme la meilleure buteuse de la ligue féminine de La Plata. C'est ainsi que son équipe de football professionnel féminin l'a repérée.

"Elle est rapide et a un très bon tir. Contrairement à ce que pensent la plupart des gens, elle n'est pas si forte que ça. J'ai plusieurs filles qui sont plus fortes et bien qu'elle soit rapide, j'ai des filles plus rapides. Elle est intelligente, elle apprend vite. Et elle a un but, c'est ce qui nous manque", décrit son entraîneur Juan Cruz Vitale.

L'Argentine, un pays pionnier en Amérique Latine

Marcos Rojo a lui rejoint le club de Gualeguaychú, dans le nord-est du pays, en tant qu'avant-centre. Toute sa famille l'a soutenu dans sa transition de genre il y a deux ans. Et avoir intégré une équipe masculine constitue une nouvelle étape très importante pour le jeune homme dans l'acceptation de soi et vers une intégration pleine et entière au sein de la société.

"Je voulais faire le changement d'identité parce que j'ai toujours aimé jouer avec les hommes. Depuis que je suis petit, je me sens appartenir à ce genre. Le football a été une étape importante pour moi, parce que c'était ce que je voulais", explique le jeune homme.

"Le soutien d'une équipe pour ce genre de changement est très important", confie aussi ce supporteur de l'équipe de Buenos Aires, Boca Juniors.

Marcos assiste aux entraînements et a déjà joué plusieurs matches amicaux. "Si vous savez jouer au ballon, c'est tout ce qui compte. Je pense que vous n'êtes pas désavantagé par la force ou quoi que ce soit. Tout est basé sur la pratique", explique-t-il.

L'Argentine a été un pays pionnier en Amérique latine en adoptant une loi sur l'identité de genre dès 2012, qui a permis aux personnes trans de modifier leur carte d'identité à l'âge de 18 ans.

Une intégration sans discrimination et un respect des droits sont les prochains défis. L'espoir des personnes trans : qu'en la matière aussi, le pays de Diego Maradona et de Lionel Messi ait un temps d'avance.