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Comment utiliser des bactéries pour développer des vaccins ?

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Comment utiliser des bactéries pour développer des vaccins ?
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Luis Serrano, directeur du Centre de Régulation Génomique à Barcelone, étudie les bactéries depuis des années pour trouver des pistes en vue de développer des vaccins contre les maladies respiratoires chez les animaux d'élevage et chez les hommes et aujourd'hui, contre le Covid-19.

Luis Serrano est aussi le coordinateur du projet MycoSynVac qui se concentre sur la bactérie du genre Mycoplasma qu'ils ont transformée grâce à des techniques de pointe de biologie de synthèse.

"Cultiver un organisme, l'habiller, puis trouver un vaccin"

"Trouver un vaccin contre un organisme - bactérie ou virus -, c'est très complexe, parce que cultiver ces organismes en laboratoire, c'est souvent très difficile," fait remarquer Luis Serrano.

"Déjà, il faut absolument cultiver une version atténuée de l'organisme en question si on veut susciter une réponse des systèmes immunitaires de l'homme ou de l'animal," explique-t-il.

"Si vous réussissez à cultiver un organisme vecteur en laboratoire et à faire adhérer à sa surface, les protéines de la bactérie ou du virus pour lequel vous cherchez un vaccin, alors vous avez une piste : dans ce cas, vous pouvez cultiver cet organisme, "l'habiller" avec ce que vous voulez et au final, trouver des vaccins contre d'autres organismes difficiles à cultiver en laboratoire," résume le directeur du CRG.

"La même idée que pour les recherches actuelles sur le coronavirus"

"Les recherches actuelles pour lutter contre le coronavirus en sont un bon exemple," ajoute Luis Serrano. "Les chercheurs se sont tournés vers le virus de la grippe, ils placent des protéines du coronavirus sur la partie extérieure de ce virus, donc le système immunitaire humain réagit au coronavirus : c'est la même idée que celle que nous avons eue," fait-il remarquer.

"Les animaux développent des maladies respiratoires en lien avec des bactéries très difficiles à cultiver en laboratoire : ce qui génère des millions de pertes pour le secteur européen de l'élevage," indique-t-il.

"Donc nous avons utilisé une autre bactérie que nous cultivons très bien en laboratoire, nous avons inséré des protéines de cette bactérie dans celle que nous voulions combattre, puis nous les avons inoculées aux animaux pour stimuler leur système immunitaire, pour les vacciner en quelque sorte," se félicite-t-il.