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De la casse chez Renault : 15 000 emplois sont supprimés dans le monde, dont 4 600 en France

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Le siège de Renault à Boulogne-Billancourt - département des Hauts-de-Seine - le 25 mai 2020
Le siège de Renault à Boulogne-Billancourt - département des Hauts-de-Seine - le 25 mai 2020   -   Tous droits réservés  AP Photo/Christophe Ena
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Renault fait une sortie de route qui provoque des dégâts : le constructeur automobile français a annoncé ce vendredi la suppression d'environ 15 000 emplois partout dans le monde, dont 4 600 en France. En grande difficulté financière, accentuée par la crise liée au coronavirus, il a décidé d'appliquer un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans.

La promesse : aucun licenciement sec

"Ce projet est vital", affirme la directrice générale de Renault, Clotilde Delbos, dans le communiqué publié ce jour. Il repose "sur des mesures de reconversion, de mobilité interne et des départs volontaires". Cela signifie, selon le constructeur, que les employés qui vont partir à la retraite ne seront pas remplacés mais qu'aucun licenciement sec n'est prévu.

A travers l'Hexagone, quatre sites étaient dans la balance : Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne, Caudan, dans le département du Morbihan en Bretagne, Dieppe en Seine-Maritime, département de Normandie, et Maubeuge dans le Nord. Le président de la firme française, Jean-Dominique Senard, a toutefois rajusté le tir en assurant que seul le centre de Choisy-le-Roi sera amené à fermer.

Contrairement à ce qui a été écrit ici ou là, nous ne fermerons qu'un seul site à l'horizon 2022, sur nos 14 sites industriels en France, c'est Choisy pour lequel nous allons valoriser les compétences en région parisienne
Jean-Dominique Senard
Président de Renault

La légendaire Flins dans le flou

L'usine Renault de Flins, implantée dans les Yvelines en banlieue parisienne, voit quant à elle son avenir compromis. Un arrêt de la production y est prévu à la fin de la construction de la "Zoe" un peu après 2024. Cette entreprise symbole, l'un des emblèmes de la France d'après-guerre, où travaillent actuellement plus de 2 600 salariés, devrait être reconvertie et récupérer l'activité du site de Choisy-le-Roi, qui emploie 260 personnes dans le recyclage de pièces.

Mathieu Flonneau, un historien du secteur automobile, a confié à l'Agence France-Presse sa crainte pour cette "légende" :

C'est dans cette usine qu'on a produit la Dauphine, la R4 ou la R18 : des voitures qui ont été la vitrine internationale du savoir-faire et de l'innovation français. Si on ferme Flins, c'est la France des Trente Glorieuses qui disparaît

Le plan "ne tient pas la route", dixit la CFDT

Les syndicats du groupe automobile montent au créneau, notamment la CFDT - deuxième en terme de représentation - qui dénonce un "projet de casse sociale et de désindustrialisation".

Franck Daoût, le délégué syndical central de la CFDT Renault, a promis de se battre pour les salariés qui ressentent "beaucoup de colère", a-t-il souligné.

On va tout faire pour que ça reste à l'état de projet, pour que ce plan n'aboutisse pas car il ne tient pas la route. Nous sommes fermement opposés à ce projet