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Volkswagen : après une année critique, le groupe annonce la suppression de 50 000 emplois

VW enregistre également une baisse des ventes.
VW enregistre également une baisse des ventes. Tous droits réservés  AP Photo/Rick Bowmer
Tous droits réservés AP Photo/Rick Bowmer
Par Verena Schad
Publié le Mis à jour
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Volkswagen gagne nettement moins : le bénéfice du groupe a chuté de près de la moitié en 2025. En cause, les conflits commerciaux, une activité difficile en Chine et le changement de stratégie chez Porsche.

Après une année difficile et une chute massive des bénéfices, le groupe Volkswagen a décidé de renforcer sa politique d'austérité. Le président du groupe Oliver Blume a annoncé la suppression d'environ 50 000 emplois en Allemagne d'ici 2030.

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Le groupe va ainsi nettement plus loin que ce qui était prévu jusqu'à présent : fin 2024, Volkswagen avait déjà convenu avec les syndicats d'une suppression de 35 000 postes. Ces mesures toucheront également les marques Audi et Porsche, en grande difficulté.

L'année passée, le bénéfice net s'est effondré d'environ 44 % pour atteindre 6,9 milliards d'euros (contre 12,4 milliards d'euros l'année précédente). Le groupe n'avait pas fait pire bilan depuis le Dieselgate, en 2016.

Comme l'a indiqué le plus grand constructeur automobile d'Europe, ce mardi 10 mars, à Wolfsburg, le chiffre d'affaires a stagné à environ 322 milliards d'euros, tandis que le bénéfice d'exploitation a presque été divisé par deux, à environ 8,9 milliards d'euros. Le directeur financier Arno Antlitz a justifié ce résultat en parlant d'un "environnement exigeant", de tensions géopolitiques, de nouvelles barrières commerciales et d'une concurrence croissante, notamment de la Chine.

Des problèmes en Chine et aux États-Unis

Les chiffres de vente ont légèrement baissé. Le groupe a livré environ 8,98 millions de véhicules dans le monde en 2025, soit une baisse de 0,5 % sur l'année. Certes, Volkswagen a progressé en Europe et en Amérique du Sud (+5 à 10 %), mais les reculs en Chine (-6 %) et en Amérique du Nord (-12 %) n'ont pas pu être compensés.

Les nouveaux droits de douane introduits par le président Donald Trump pèsent particulièrement sur le marché américain. Parallèlement, les modifications des réglementations environnementales et la suppression des aides publiques ont freiné la demande de voitures électriques.

Même les projets prévus sont sous pression, comme l'usine de pick-ups électriques de la marque Scout, qui prévoyait de contourner les barrières douanières en produisant des véhicules aux États-Unis.

Les problèmes persistent aussi en Chine, longtemps le principal moteur de croissance du groupe. Les constructeurs locaux comme BYD, Geely ou Nio rattrapent leur retard technologique et gagnent des parts de marché. Volkswagen mise donc de plus en plus sur une stratégie "en Chine pour la Chine" avec des chaînes de développement et d'approvisionnement locales, une approche que les analystes considèrent comme décisive pour l'avenir du groupe.

Porsche devient un cas problématique

L'évolution a eu un impact particulièrement fort sur la marque de voitures de sport Porsche. Le constructeur a souffert d'un net recul des ventes en Chine ainsi que de coûts élevés liés à un changement de stratégie. Après avoir longtemps misé fortement sur les voitures électriques, Porsche corrige désormais le tir et mise à nouveau davantage sur les modèles à moteur à combustion.

Le résultat opérationnel de la marque a ainsi chuté de manière drastique : d'environ 5,3 milliards d'euros en 2024 à seulement 90 millions d'euros l'année dernière. En incluant les services financiers, le bénéfice était encore de 413 millions d'euros, une portion seulement de la valeur de l'année précédente.

Des millions de bonus pour les membres du directoire

Malgré la chute massive des bénéfices, les membres du directoire reçoivent à nouveau des millions d'euros de bonus. Le facteur déterminant est le cash-flow net, c'est-à-dire les liquidités qui restent au groupe après les investissements et les frais courants.

Avec 6,4 milliards d'euros, cette valeur a atteint le niveau cible le plus élevé du système de rémunération. Selon les médias, les primes versées au directoire s'élèvent à environ 13,6 millions d'euros. Le président du groupe Oliver Blume obtient une rémunération totale d'environ 7,4 millions d'euros (soit un peu moins que l'année précédente) notamment en raison d'une renonciation volontaire à son salaire.

Les représentants des salariés demandent maintenant que le personnel profite davantage du cash-flow élevé. Des discussions sur d'éventuels paiements spéciaux sont en cours.

Espoir de reprise en 2026

Malgré le faible bilan annuel, le groupe s'est montré un peu plus stable récemment. Au cours du dernier trimestre, les affaires se sont mieux développées qu'auparavant. Au troisième trimestre, Volkswagen avait encore enregistré une perte de plus d'un milliard d'euros en raison de charges exceptionnelles chez Porsche.

Pour 2026, le groupe table à nouveau sur une amélioration de la rentabilité. La marge opérationnelle devrait atteindre 4 à 5,5 % puis 8 à 10 % en 2030, alors qu'elle avait chuté à 2,8 % en 2025.

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