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Quel avenir politique au Burundi après la mort de Pierre Nkurunziza ?

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Les Burundais étaient sous le choc mercredi après la mort soudaine de leur président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 15 ans, et se demandaient ce que l'avenir leur réserve, dans un pays à l'histoire marquée par des crises politiques meurtrières et une longue guerre civile.

M. Nkurunziza présidait depuis 2005 aux destinées du Burundi, l'un des pays les plus pauvres de la planète. Ses deux premiers mandats ont été marqués par un retour de la paix après une guerre civile sanglante. Mais l'état de grâce prend fin en 2015 lorsqu'il décide de briguer un troisième mandat.

Cette décision fait plonger le pays dans une crise politique majeure qui a fait plus de 1 200 morts et contraint 400 000 Burundais à l'exil, dont de nombreux opposants, activistes et journalistes indépendants. Le Burundi est classé parmi les trois pays les plus pauvres au monde selon la Banque mondiale, qui estime que 75% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, contre 65% à l'arrivée au pouvoir de M. Nkurunziza en 2005.

Pas de crise institutionnelle à prévoir

"Il n'y a aucune raison pour qu'il y ait une crise institutionnelle" analyse Thierry Vircoulon, coordinateur de l'observatoire de l'Afrique Australe et Centrale à l'IFRI. Le décès du président Burundais intervient alors que sa succession "avait déjà été réglée au sein de son parti" explique-t-il. "Le nouveau président Evariste Ndayishimiye a déjà été élu, donc il va bientôt prêter serment".

"Pour qu'il y ait un changement de gouvernance et que le Burundi redevienne une démocratie, il faut non seulement qu'il y ait un changement de président et un changement de régime. Or c'est le CNDD-FDD qui reste au pouvoir et qui se prolonge au pouvoir, et qui a bricolé des élections et des résultats électoraux à son avantage".

L'ombre du Covid-19 derrière la mort de Nkurunziza ?

L'arrêt cardiaque auquel a succombé Pierre Nkurunziza est-il consécutif à une infection au Covid-19 ? Une question qui reste pour l'heure sans réponse. Le président burundais n'a eu de cesse de minimiser la gravité de la pandémie, en affirmant que Dieu protégeait son pays. Il avait d'ailleurs expulsé le représentant de l'OMS en mai dernier.

"Il est évident que son décès, et que la rumeur publique qui l'attribue au Covid-19 va rendre leur mensonge sanitaire de plus en plus difficile à tenir puisque le discours officiel est de dire qu'il y a peu de cas au Burundi et que l'épidémie est sous contrôle" analyse Thierry Vircoulon. "Il est à espérer que l'un des premiers actes posé par le nouveau président, ça soit de connaitre que l'épidémie fait des victimes au Burundi".

D'après la Constitution, il revient désormais au président de l'Assemblée nationale d'assurer l’intérim jusqu'à la prestation de serment du nouveau président, prévue le 20 août.