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Laissées pour compte, les favelas s'organisent seules face à l'épidémie de Covid-19

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Désinfection dans la Favela de Santa Marta à Rio de Janeiro, au Brésil, le 1er août 2020
Désinfection dans la Favela de Santa Marta à Rio de Janeiro, au Brésil, le 1er août 2020   -   Tous droits réservés  CARL DE SOUZA/AFP
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Tiago Firmino de Oliveira est guide touristique à Rio de Janeiro, mais depuis l'épidémie de Covid-19, il s'est porté volontaire pour désinfecter les rues de son quartier, la favela de Santa Marta.

Un travail indispensable selon lui, car les quartiers pauvres de la ville brésilienne sont totalement livrés à eux-mêmes : pas de consignes sanitaires, ni de moyens médicaux supplémentaires ... Les habitants ont donc choisi de s'organiser.

"Il n'y a pas beaucoup de politiques publiques destinées aux personnes vivant dans les favelas. Donc nous avons commencé à faire ça, ici à Santa Marta, deux fois par semaine. Nous avons montré l'exemple dans tout le Brésil, à Rio de Janeiro et ailleurs. Nous avons nettoyé plusieurs favelas", raconte Tiago Firmino.

L'initiative des bénévoles a été saluée par de nombreux habitants. "Le travail qu'ils font est merveilleux. C'est un moyen efficace de ralentir la propagation de la maladie dans notre communauté. Je pense que sans ça, ça serait bien plus difficile", estime Francisco Viera Silva, un barman du quartier Santa Marta.

Crise sanitaire et économique

D'après les bénévoles, leur action a permis de contenir l'épidémie : "Nous avons agi au bon moment. Aujourd'hui, Santa Marta compte très peu de décès confirmés. Nos données sont de quatre décès, alors que les données du gouvernement font état de zéro décès. C'était important, c'était une lutte. Nous nous battons encore aujourd'hui', explique Tiago Firmino.

Les favelas sont particulièrement touchées par l'épidémie de Covid-19. Les mesures de distanciation sociale y sont difficiles à appliquer et nombre de personnes ont un accès restreint aux soins du fait de leur grande précarité.

Beaucoup ont également été frappées de plein fouet par la crise économique. Désormais, elles réclament plus de moyens de la part des autorités brésiliennes : "Nous avons déjà reçu une aide alimentaire de base, mais ce n'est pas tout ce dont les gens ont besoin. Les gens n'ont pas seulement faim. Ils ont besoin de gaz et d'autres choses, comme un centre de santé qui peut faire des tests. J'ai été renvoyée de mon travail parce que la fille qui travaille avec moi a contracté le virus et je n'ai pas pu faire le test", raconte Lilia Neves, une habitante de la favela.

Le Brésil est le deuxième pays au monde le plus touché par l'épidémie de coronavirus, avec 2,8 millions de cas d'infections, et plus de 95 000 décès.