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Explosions à Beyrouth : les recherches de survivants se poursuivent et l'enquête avance

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Des secouristes français cherchant des survivants dans le quartier de Gemmayzé à Beyrouth, le 6 août 2020
Des secouristes français cherchant des survivants dans le quartier de Gemmayzé à Beyrouth, le 6 août 2020   -   Tous droits réservés  AFP
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Trois jours après les explosions qui ont dévasté Beyrouth, le lourd bilan encore provisoire fait état de près de 150 morts et de 5 000 blessés. Mais les Libanais s'accrochent à l'espoir de retrouver des survivants. Sur le terrain, les recherches continuent sous les décombres. Plusieurs pays dont la France ont dépêché secouristes, matériel médical et sanitaire pour aider le Liban.

L'Union européenne a débloqué 33 millions d'euros en urgence. L'armée des Etats-Unis a, elle, envoyé des cargaisons d'eau, de nourriture et de médicaments.

MAHMOUD ZAYYAT/AFP
Les funérailles de l'une des victimes de la tragédie de Beyrouth, le 6 aout à Sarba, une localité au nord de la capitale libanaiseMAHMOUD ZAYYAT/AFP

Les premières funérailles de victimes de la catastrophe ont eu lieu dans plusieurs régions du pays, comme à Qlaïa, dans le sud du Liban, où les habitants du village sont venus dire un dernier adieu à un membre des forces de sécurité libanaises.

Macron veut une enquête internationale

Le Président français s'est rendu ce mercredi dans les ruines du port de la capitale du Liban puis dans le quartier ravagé de Gemmayzé. Emmanuel Macron a réclamé une enquête internationale et a appelé à un "profond changement" de la part des dirigeants libanais.

"Aujourd'hui est le moment de la responsabilité du Liban et de ses dirigeants. Nous devons reconstruire la confiance et l'espoir. Cela ne peut être décrété, il ne peut pas être reconquis du jour au lendemain. Mais il faut la refondation d'un nouvel ordre politique" a notamment déclaré Emmanuel Macron.

La colère des Libanais contre leurs dirigeants monte d'un cran

Furieux après une catastrophe de trop dans un pays en plein naufrage, les Libanais réclament des comptes. Dans la soirée, des dizaines de manifestants très remontés s'étaient rassemblés pour dénoncer l'incompétence et la corruption des autorités de leur pays.

Hassan Ammar/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre à Beyrouth, le 6 août 2020Hassan Ammar/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.

Ils ont été dispersés par les forces de l'ordre à coup de gaz lacrymogènes. Ces incidents surviennent à l'avant-veille d'une grande manifestation anti-gouvernementale, elle est prévue samedi.

Un cargo moldave au centre de l'enquête

72 heures après la catastrophe, les premiers éléments de l'enquête se dirigent vers le Rhosus, un navire battant pavillon moldave. Ce dernier était parti du port de Batoumi en Georgie en 2013, en emportant dans ses soutes 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium, à destination d'un port du Mozambique.

Mais sur sa route, le cargo a dû faire une escale imprévue à Beyrouth, en raison de problèmes techniques. Le Rhosus a subi une inspection sur place qui s'est conclue par une interdiction de reprendre la mer. Le navire a été est ensuite saisi par les autorités libanaises. Laissé à l'abandon, il n'a jamais quitté le Liban...

L'ex-capitaine du cargo, Boris Prokoshev, a lui indiqué que "les propriétaires du cargo n'ont pas payé les les pénalités portuaires. Et c'est pour ça qu'ils n'ont pas laissé repartir le Rhosus. Ils savaient très bien qu'il y avait une cargaison dangereuse là-bas."

Quant à la cargaison, Badri Daher directeur général des douanes libanaises, interrogé par le quotidien libanais l'Orient - Le Jour, a déclaré qu'elle avait été déchargée "suite à une décision de justice" dans un entrepôt du port, "en raison des risques liés au maintien du nitrate d'ammonium à bord du navire".

Le port de Beyrouth le 31 mai 2020 et le 5 août 2020 après la double explosion. Crédit : Planet Labs Inc. via AP

Cette bombe à retardement a fini par exploser, transformant brutalement la vie de centaines de milliers de personnes. C'est dans le lieu où le nitrate d'ammonium avait été stocké, l'entrepôt n°12 du port de Beyrouth, que les explosions de mardi se sont produites. En effet, les coordonnées GPS localisant l'épicentre de la déflagration enregistrée par les capteurs de l'institut américain de géophysique (USGS) pointent cette localisation.

Pour les habitants de la capitale du pays du Cèdre, il est difficile de reprendre une vie normale après une telle tragédie. Certains ont trouvé du réconfort dans la musique, comme May Abboud Melki, une Beyrouthine âgée de 79 ans.

Sa petite fille a filmé sa grand-mère jouant au piano la chanson écossaise "Auld Lang Syne" ("Ce n'est qu'un au revoir") parmi les débris de son appartement ravagé par les gigantesques explosions. Une bulle de douceur dans le chaos partagée sur les réseaux sociaux pour tous les Libanais meurtris.