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L'aide humanitaire commence à arriver à Beyrouth, les investigations se poursuivent

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L'aide humanitaire commence à arriver à Beyrouth, les investigations se poursuivent
Tous droits réservés  Hussein Malla/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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Premier chef d’État à se rendre au Liban depuis la catastrophe de mardi, Emmanuel Macron sera confronté à une situation "apocalyptique", des centaines de milliers de personnes brutalement privées de toit et de ressources . Le bilan de ces deux explosions, encore provisoire, est d'au moins 137 morts et 5 000 blessés, selon le porte-parole du ministère libanais de la Santé. Des dizaines de personnes restent portées disparues ce jeudi.

Le président français, Emmanuel Macron, est arrivé à Beyrouth ce jeudi matin. Il doit visiter le lieu de la catastrophe et s'entretenir avec les principaux responsables libanais.

Plusieurs pays dont la France ont déjà dépêché des équipes de secouristes et du matériel pour faire face à l'urgence après la double explosion présentée comme accidentelle par les autorités qui a ravagé le port et une grande partie de la capitale.

"La situation est apocalyptique, Beyrouth n'a jamais connu ça de son histoire", a lancé le gouverneur de la ville, Marwan Abboud, qui avait éclaté en sanglots mardi devant les caméras face au port dévasté. Jusqu'à 300 000 personnes sont sans domicile, selon lui. L'état d'urgence a été décrété pendant deux semaines.

Manque de farine

Les énormes déflagrations, les pires vécues par le Liban, ont été déclenchées par un incendie qui s'est déclaré dans un entrepôt abritant depuis six ans quelque 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium, "sans mesures de précaution", selon les autorités. Elles ont pratiquement détruit le port et dévasté des quartiers entiers de Beyrouth, soufflant les vitres des kilomètres à la ronde.

Des dizaines de personnes restaient portées disparues mercredi selon le gouvernement, tandis que les secouristes poursuivaient leurs recherches dans l'espoir de retrouver des survivants.

Cette tragédie frappe un pays plongé depuis des mois dans une très grave crise économique, marquée par une dépréciation inédite de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques.

Ses effets ont été encore aggravés par la pandémie de coronavirus, qui a contraint ces derniers mois les autorités à confiner pendant plus de trois mois sa population.

L'Agence de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation, la FAO, dit à présent craindre à brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le Liban, des silos de céréales installés près du port ayant été éventrés.

Catastrophe de trop

Sous le choc, les Libanais ont crié leur colère face à cette catastrophe de trop.

"Partez tous! (...) Vous êtes corrompus, négligents, destructeurs, immoraux. Vous êtes des lâches. C'est votre lâcheté et votre négligence qui ont tué les gens", a lancé un journaliste libanais connu, Marcel Ghanem, dont l'émission télévisée jouit d'une grande audience. Le mot-dièse "Pendez-les" circulait sur Twitter.

"Même avec le coronavirus, et tout ce qui est arrivé dans le pays, j'ai toujours gardé espoir. Mais maintenant c'est fini, je n'ai plus aucun espoir", dit Tala Masri, une bénévole, en dégageant le trottoir des bris de verre d'un quartier proche du port.

L'importante diaspora libanaise a elle aussi réclamé des comptes

"Cette tragédie est une preuve de plus de l'incompétence de la classe politique qui a gouverné le Liban depuis plusieurs décennies", s'est indigné Antoine Fleyfel, philosophe et théologien franco-libanais, vivant en France.

Selon des sources de sécurité, les autorités du port, les services des douanes et des services de sécurité étaient tous au courant que des matières chimiques dangereuses étaient entreposées au port mais se sont rejeté mutuellement la responsabilité du dossier.

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a de son côté annoncé mercredi reporter la lecture du jugement, prévue pour vendredi, dans le procès de quatre hommes accusés d'avoir participé en 2005 à l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, "par respect pour les innombrables victimes" des explosions.