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La grogne des Bulgares ne faiblit pas

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La grogne des Bulgares ne faiblit pas
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Depuis près de deux mois les Bulgares descendent dans la rue pour demander la démission du Premier ministre. Boïko Borissov est à la tête du pays depuis près de 10 ans. Verzhinia assure que les demandes de ces opposants politiques sont simples. "Il y a de nombreuses personnes avec de bons emplois, de bonnes conditions de vie qui veulent vivre dans un pays normal, sans corruption", explique cette ingénieure en informatique.

Selon l'indice de perception de la corruption, la Bulgarie arrive en dernière place au sein de l'Union européenne. C'est aussi l'Etat membre le plus pauvre parmi les 27. Mais ce sont les images du Premier ministre au lit portant une arme et les scandales de corruption qui poussent de nombreux citoyens dans la rue. Selon Yavor un point unit tous ces manifestants, "le gouvernement actuel doit partir".

La question de l'Etat de droit et des valeurs démocratiques en Bulgarie s'est invitée ces derniers jours au Parlement européen. Lors d'une réunion à huis clos, l'eurodéputée libérale Sophie in’t Veld a demandé aux autorités bulgares plus de transparence.

La Néerlandaise appelle aussi la Commission à ne pas fermer les yeux sur la situation en Bulgarie. "Ursula von der Leyen en particulier doit montrer qu'elle ne soutient pas uniquement la démocratie hors de l'Union mais qu'elle défend clairement l'Etat de droit, les valeurs fondamentales et la démocratie au sein de l’UE", insiste la parlementaire.

La situation est toutefois délicate. Le Premier ministre bulgare dispose de bons réseaux dans les cercles européens. Boïko Borissov appartient aussi à la même famille politique qu’Ursula von der Leyen. De plus, les Etats membres apprécient peu de voir les institutions mettre leur nez dans les affaires nationales. "Observer la situation dans les Etats membres est toujours une question difficile. Nous l'avons vu avec la Hongrie et la Pologne où, peut-être, la réponse de l'Union en tant que club n'a pas été assez rapide parce que ces pays font partie du club, ce qui complique les choses", juge Amanda Paul, chercheuse au European Policy Centre.

Inspirés par les appels en Europe en faveur de la démocratie, les manifestants bulgares pourraient maintenir la pression politique. Pour Yavor le plus important n’est peut-être pas la chute du gouvernement à court terme. L’avocat se félicite de voir la naissance d’une nouvelle société civile.

Journaliste • Grégoire Lory