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L'UE refuse de reconnaître Loukachenko comme président du Bélarus

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Alexandre Loukachenko lors de sa cérémonie d'inauguration au Palais de l'Indépendance à Minsk, au Bélarus, mercredi 23 septembre 2020
Alexandre Loukachenko lors de sa cérémonie d'inauguration au Palais de l'Indépendance à Minsk, au Bélarus, mercredi 23 septembre 2020   -   Tous droits réservés  Andrei Stasevich/BelTA
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L'Union européenne refuse de reconnaître Alexandre Loukachenko comme président du Bélarus malgré sa prestation de serment inattendue, pointant son "manque de toute légitimité démocratique", et "réexamine ses relations" avec Minsk, a indiqué jeudi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

L'élection du 9 août "n'était ni libre ni équitable. L'UE ne reconnaît pas les résultats falsifiés. En conséquence, la soi-disant "prestation de serment" du 23 septembre et le nouveau mandat dont se réclame Alexandre Loukachenko n'ont aucune légitimité démocratique", a affirmé M. Borrell dans un communiqué.

"Nous ne leur avons jamais demandé de nous reconnaître"

Alexandre Loukachenko a balayé la décision de plusieurs capitales de ne pas reconnaître sa légitimité, après une présidentielle jugée frauduleuse et la répression d'un vaste mouvement de contestation.

"Ils crient qu'ils ne nous reconnaissent pas. Vous savez, nous ne leur avons jamais demandé de nous reconnaître, de reconnaître nos élections, de reconnaître notre président réélu", a indiqué, selon l'agence d'Etat Belta, M. Loukachenko, parlant de lui, comme souvent, à la 1e personne du pluriel, en recevant l'ambassadeur chinois.

Le président bélarusse a formellement entamé son 6e mandat mercredi suite à une cérémonie d'investiture qui n'avait pas été annoncée en amont, de crainte, selon l'opposition, que la rue ne se mobilise.

"Cette prestation de serment contredit directement la volonté de larges pans de la population bélarusse, exprimée dans de nombreuses manifestations, pacifiques et sans précédent (...) et elle ne fera qu'aggraver la crise politique" dans le pays, a souligné M. Borrell.

L'annonce tardive de l'investiture d'Alexandre Loukachenko mercredi a provoqué une nouvelle manifestation de l'opposition à Minsk, réprimée par la police. 364 personnes ont été arrêtées dont 252 à Minsk selon le ministère de l'Intérieur.

Pas encore d'unanimité à Bruxelles pour sanctionner Loukachenko

L'UE a préparé des sanctions contre une quarantaine de personnes jugées responsables de la répression et envisage également de sanctionner Alexandre Loukachenko, a-t-on, appris de sources diplomatiques.

Mais l'unanimité des Etats membres est requise, et Chypre conditionne son accord a l'adoption de mesures pour contraindre la Turquie à cesser ses forages gaziers dans les eaux de sa zone économique.

Deux Etats, la Suéde et la Finlande, refusent de sanctionner M. Loukachenko pour permettre une médiation de l'OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) qui sera présidée par la Suède, a-t-on ajouté de mêmes sources. La question sera discutée lors du sommet des dirigeants européens les 1er et 2 octobre à Bruxelles.

"Nous réitérons que nous attendons des autorités bélarusses qu'elles s'abstiennent de toute répression et violences supplémentaires contre le peuple du Bélarus et qu'elle libèrent immédiatement et sans conditions tous ceux qui ont été arrêtés" dans le cadre des manifestations, a indiqué Josep Borrell jeudi, appelant à "de nouvelles élections démocratiques" dans le pays.

Royaume-Uni, Canada et États-Unis préparent des sanctions

Le Royaume-Uni prépare, en coordination avec les Etats-Unis et le Canada, des sanctions visant les responsables de la répression du mouvement de contestation contre le président bélarusse Alexandre Loukachenko, a annoncé jeudi le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab.

Londres souhaitait initialement se joindre aux sanctions de l'Union européenne, bloquées faute d'unanimité des Etats membres.

"Etant donné ce retard et l'investiture frauduleuse de Loukachenko, j'ai ordonné (aux services dédiés du ministère des Affaires étrangères) de préparer des sanctions visant les responsables de ces sérieuses violations des droits de l'Homme", a déclaré M. Raab devant les députés.

"Nous nous coordonnons avec les Etats-Unis et le Canada pour préparer les listes appropriées en toute urgence", a-t-il ajouté. "Nous n'acceptons pas les résultats de ces élections truquées", a-t-il réaffirmé.

L'UE, l'Allemagne, les pays baltes, la Pologne tout comme les Etats-Unis ont indiqué ne pas reconnaître M. Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, comme le président légitimement élu du Bélarus.