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L'île de Gotland, enjeu stratégique pour la Suède et pour tous les Européens

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Chars et avions de chasse envoyés sur l'île suédoise de Gotland, 25 août 2020
Chars et avions de chasse envoyés sur l'île suédoise de Gotland, 25 août 2020   -   Tous droits réservés  Joel Thungren/Swedish Armed Forces/TT via AP
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A première vue, l'île suédoise de Gotland ne ressemble pas à un avant-poste militaire stratégique.

Mais à la fin du mois d'août, cette tranquille retraite estivale a été le théâtre d'exercices balistiques à une échelle jamais vue ici depuis la fin de la guerre froide.

Notre reporter Anelise Borges a rencontré Peter Hultqvist, ministre suédois de la défense pour expliquer la situation :

"C'était un acte pour montrer que nous défendons l'intégrité et la souveraineté de la Suède. Et c'était ce que nous pouvons appeler un signal de sécurité de notre part."

Un signal destiné à la Russie comme le souligne le ministre suédois de la Défense :

"Au fil du temps, nous avons assisté à une activité militaire accrue, à des exercices plus complexes, mais aussi à ce que nous appelons un comportement provocateur de la part de la Russie, qui vole très près des avions, des avions suédois et aussi d'autres avions, mais qui vole aussi très près des navires de l'OTAN."

Les inquiétudes concernant les intentions de la Russie dans la région se sont accrues depuis l'annexion de la Crimée par Moscou en 2014.

Les dernières actions de la Russie, et de la Suède, ont démontré une fois de plus que la situation sécuritaire s'est détériorée le long de la frontière orientale de l'Europe.

Le point avec Johan Wiktorin, membre de l'Académie royale suédoise des sciences de la guerre :

"En Europe, nous avons des tensions dans le sud avec la Libye, nous avons des tensions avec la Syrie, la Grèce et la Turquie, nous en avons à l'Est avec l'Ukraine, la Crimée, et maintenant nous avons une agitation sociale au Belarus et nous avons une activité militaire dans la mer Baltique et dans l'Arctique aussi... donc dans la périphérie de l'Europe nous voyons que les tensions s'accumulent. Les différentes puissances signalent ainsi qu'elles sont prêtes sur le plan militaire et elles sondent leurs défenses mutuelles."

Et la Suède est déterminée à ne pas être prise au dépourvu. La semaine dernière, le Parlement a approuvé une enveloppe supplémentaire de 2,5 milliards d'euros pour les dépenses de la Défense sur les cinq prochaines années, dont une partie sera destinée aux troupes et aux installations de l'île de Gotland.

Le régiment de Gotland avait cessé ses activités en 2005. Les explications du Colonel Mattias Ardin. Commandant du régiment de Gotland :

"Le plan dont j'ai connaissance est le suivant, nous allons poursuivre notre expansion sur Gotland avec plus d'unités, plus de personnel, plus d'équipements et encore plus d'infrastructures. Je pense que ce développement continuera au moins sur les cinq prochaines années."

Pour l'instant, 300 soldats, véhicules de combat, des avions de chasse ont débarqué sur l'île, un terrain de 3 000 km2 peu connu des Européens devenu un autre élément crucial du puzzle géopolitique actuel.

"Si vous avez le contrôle militaire de Gotland, vous avez aussi une très grande influence sur la sécurité dans toute la région", estime le ministre de la défense Peter Hultqvist, "c'est important pour les pays baltes, c'est important pour la Finlande et c'est important pour le continent suédois. C'est important pour l'Europe aussi."

Selon certains experts, les tensions entre la Russie et les pays baltes atteignent un niveau historique.