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La relance de l’UE avance sur le fil de l’Etat de droit

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Le Parlement européen à Bruxelles
Le Parlement européen à Bruxelles   -   Tous droits réservés  MTI/EPA/Olivier Hoslet
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Remise en question de l'indépendance de la justice en Pologne, une liberté de la presse malmenée en Hongrie, les cas de violations de l'Etat de droit inquiètent l'UE. La question provoque de telles divisions qu'elle pourrait faire dérailler l'ensemble de la stratégie de reprise économique des 27.

Un rapport du Parlement européen s'ajoute à ces tensions politiques. Le document souligne que l'Union n'a pas les outils suffisants ou bien qu'ils sont inefficaces. Les eurodéputés estiment que ce mécanisme de protection des valeurs fondamentales devrait être contraignant, encadré par des mesures de mise en application.

Les parlementaires se prononceront sur cette question mercredi lors d’un vote en session plénière. Ils accusent d’ailleurs l'Allemagne d'avoir affaibli le compromis conclu en juillet sur le respect de l’Etat de droit afin d’obtenir l’aide financière européenne Le président du Conseil européen appelle toutes les institutions au compromis. "J'espère que tous les Etats membres et que les eurodéputés auront la volonté politique de trouver une solution", insiste Charles Michel.

La Commission européenne a aussi présenté la semaine dernière un rapport qui dresse un tableau sombre sur la situation démocratique en Europe. Il s’agit de la première étude sur l’Etat de droit dans les Etats membres. Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC, précise que "ces violations existent à travers l'UE et que ce n'est pas un problème uniquement en Pologne et en Hongrie. Mais il faut souligner que ces deux pays ont violé systématiquement l'Etat de droit ces dernières années". Pour le moment c’est l’impasse politique entre l’économie et les valeurs fondamentales.

Budapest et Varsovie s’activent pour saper les tentatives des eurodéputés et des Etats membres de conditionner l'accès à l'aide européenne. Les deux capitales évoquent une atteinte à la démocratie. L’eurodéputé hongrois Balázs Hidvéghi (PPE) estime que le principe de l’Etat de droit a été dévoyé et employé comme "une arme politique que la gauche au Parlement européen et d'une certaine façon la Commission emploient contre les gouvernements de droite ou les gouvernements comme la Hongrie et la Pologne", explique le parlementaire.

Depuis plusieurs années la protection des valeurs de l'Union fragilise le projet européen. Cette semaine pourrait porter un nouveau coup. Un compromis semble plus que jamais nécessaire si les 27 veulent mettre en place dans les meilleurs délais la stratégie commune de relance de l'économie.