Nouvelle manifestation pro-démocratie en Thaïlande, malgré l'interdiction

Nouvelle manifestation pro-démocratie en Thaïlande, malgré l'interdiction
Tous droits réservés AP Photo/Gemunu Amarasinghe
Par Euronews avec AFP
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Des milliers de manifestants pro-démocratie ont bravé, pour la quatrième journée consécutive, l'interdiction de rassemblement à Bangkok pour réclamer la démission du Premier ministre et une réforme de la monarchie.

Des milliers de manifestants pro-démocratie bravaient dimanche, pour la quatrième journée consécutive, l'interdiction de rassemblement à Bangkok pour réclamer la démission du Premier ministre et une réforme de la monarchie.

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"Dissolution du Parlement!" "honte au dictateur", scandaient la foule, réunie au Monument de la Démocratie au cœur de la capitale, levant trois doigts, un geste de résistance emprunté au film "Hunger Games".

Les tensions de vendredi, où la police a évacué les protestataires à l'aide de canons à eau et procédé à une série d'interpellations, n'ont pas dissuadé la contestation, des étudiants pour la plupart.

Plusieurs protestataires brandissaient des portraits de leaders de la protestation arrêtés ces derniers jours, dont celui de l'activiste Anon Numpa détenu depuis vendredi à Chiang Mai (nord).

Des casques, des lunettes et des masques de protection étaient distribués contre une éventuelle charge des forces de l'ordre.

Abrogation de la loi de lèse-majesté

"Je veux pouvoir parler librement du roi, c'est un droit légitime", expliqe une étudiante. Le mouvement exhorte à l'abrogation de la loi de lèse-majesté qui punit de trois à quinze ans de prison toute diffamation ou insulte envers le monarque et sa famille. Il demande aussi davantage de transparence dans les finances de la richissime monarchie et la non-ingérence du souverain dans les affaires politiques.

Le roi Maha Vajiralongkorn n'a pas directement commenté les événements, mais déclaré que la Thaïlande avait "besoin d'un peuple qui aime son pays".

Les organisateurs ont appelé à d'autres manifestations dans plusieurs provinces du royaume, mais aussi en France, aux Etats-Unis, au Canada ou encore en Norvège.

Le mouvement, qui défile depuis trois mois, réclame également la démission du Premier ministre, le général Prayut Chan-O-Cha, porté au pouvoir par un coup d'Etat en 2014 et légitimé par des élections controversées l'année dernière. Le militaire a averti qu'il ne démissionnerait pas, brandissant la menace d'un couvre-feu si la situation perdure.

Mesures d'urgence pour briser la contestation

Interdiction des rassemblements de plus de quatre personnes, proscription des publications en ligne jugées "contraires à la sécurité nationale": les autorités ont déjà promulgué jeudi des mesures d'urgence pour tenter de briser la contestation.

Elles ont motivé leur décision, en dénonçant des incidents la veille à l'encontre d'un cortège royal: des dizaines de manifestants avaient levé trois doigts devant le véhicule de la reine Suthida en signe de défi.

La Thaïlande est habituée aux violences politiques, avec 12 coups d'Etat depuis l'abolition de la monarchie absolue en 1932.

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