PUBLICITÉ

Saad Hariri promet de former un "gouvernement d'experts" au Liban

Saad Hariri a rencontré le président libanais Michal Aoun, à Baabda, est de Beyrouth, Liban, le 22 octobre 2020
Saad Hariri a rencontrĂ© le prĂ©sident libanais Michal Aoun, Ă  Baabda, est de Beyrouth, Liban, le 22 octobre 2020 Tous droits rĂ©servĂ©s Hussein Malla/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
Tous droits rĂ©servĂ©s Hussein Malla/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
Par Euronews avec AFP
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article :Copy to clipboardLien copié

đŸ‡±đŸ‡§ #Liban | Saad Hariri a promis de former un "gouvernement d'experts" pour rĂ©former le pays, en accord avec "l'initiative française".

PUBLICITÉ

Saad Hariri, pilier de la politique libanaise, a une nouvelle fois été désigné jeudi Premier ministre, promettant un gouvernement d'experts pour enrayer l'effondrement économique dans un pays qui attend désespérément des réformes toujours boudées par les dirigeants.

Ironie du sort, M. Hariri avait démissionné il y a un an quasiment jour pour jour, sous la pression d'un soulÚvement populaire inédit, déclenché contre les manquements d'une classe politique quasi inchangée depuis des décennies, accusée de corruption et d'incompétence.

Peu aprÚs sa désignation jeudi par le président Michel Aoun à l'issu de consultations parlementaires, l'homme d'affaires de 50 ans a promis de former "rapidement" un gouvernement.

"Le temps presse (...). Le pays est confronté à son unique et derniÚre chance", a lancé M. Hariri dans une allocution télévisée.

L'homme politique héritier d'une immense fortune a déjà dirigé trois gouvernements. Il a promis jeudi "un gouvernement d'experts", qui ne seraient pas issus de partis politiques, pour lancer "des réformes économiques, financiÚres et administratives" en accord avec "l'initiative française".

Venu à deux reprises au Liban aprÚs l'explosion meurtriÚre du 4 août au port de Beyrouth, le président français, Emmanuel Macron, a lancé un plan de sortie de crise, réclamant un gouvernement "d'indépendants".

"Nombreux Ă©checs, profond scepticisme"

"Ce sont les forces politiques traditionnelles qui encore une fois ont choisi la marche à suivre, malgré leurs nombreux échecs du passé, et le profond scepticisme quant à l'avenir", a réagi jeudi sur Twitter le coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban, Jan Kubis.

Avant de débloquer des aides financiÚres vitales, la communauté internationale veut voir le Liban adopter de véritables réformes.

C'est vendredi aprÚs-midi que débuteront les consultations de M. Hariri avec les différents blocs parlementaires pour former le gouvernement, selon le Parlement.

Mais au Liban multiconfessionnel, oĂč le prĂ©sident doit ĂȘtre chrĂ©tien maronite, le Premier ministre musulman sunnite et le chef du Parlement musulman chiite, les politiciens sont abonnĂ©s aux marchandages interminables sur la rĂ©partition des portefeuilles, qui font traĂźner le processus pendant des mois.

M. Hariri a obtenu l'appui de la plupart des députés sunnites et de la formation du chef druze, Walid Joumblatt.

Le bloc du Hezbollah, poids lourd de la politique libanaise, n'a pas émis de préférence. Son principal allié, le mouvement Amal, a soutenu la désignation de M. Hariri, laissant croire à un accord tacite du Hezbollah chiite.

"Risque de dislocation"

La nomination intervient dans un Liban encore traumatisé par l'explosion du 4 août qui a fait plus de 200 morts et des milliers de blessés.

De l'aveu mĂȘme des autoritĂ©s, la dĂ©flagration est partie d'un entrepĂŽt oĂč Ă©tait stockĂ©e depuis plus de six ans et "sans mesures de prĂ©caution" une Ă©norme quantitĂ© de nitrate d'ammonium.

Plus de deux mois aprĂšs, l'enquĂȘte locale n'a pas apportĂ© de "rĂ©sultats crĂ©dibles", a dĂ©plorĂ© Human Rights Watch (HRW), craignant des "ingĂ©rences politiques" et des "dĂ©faillances" du systĂšme judiciaire qui rendent "vraisemblablement impossible" une investigation "crĂ©dible et impartiale".

Le gouvernement actuel de Hassan Diab a démissionné dans la foulée de cette tragédie du 4 août. Les défis qui attendent le nouveau gouvernement sont colossaux.

Il y a un an, le pays connaissait un soulÚvement populaire inédit, réclamant notamment des services publics dignes de ce nom dans un Liban abonnés aux coupures d'électricité quotidiennes, et une amélioration de la situation économique, qui n'a fait qu'empirer depuis.

Outre une dépréciation de la monnaie et une inflation galopante, des dizaines de milliers de personnes ont connu des licenciements ou des coupes salariales. La moitié de la population vit dans la pauvreté.

PUBLICITÉ

Et si le Liban avait entamé en mai des négociations avec le FMI en vue d'un plan de sauvetage d'environ 10 milliards de dollars, ce processus est totalement au point mort.

"Si le Liban ne mĂšne pas les rĂ©formes qu'il convient de mener, alors c'est le pays lui-mĂȘme qui risque la dislocation", a averti mercredi le chef de la diplomatie française.

A Tripoli, ville pauvre du nord, bastion traditionnel des Hariri, mais aussi place forte de la contestation, trois personnes ont été blessés dans des tirs de célébration, selon des sources médicales.

Partager cet articleDiscussion

À dĂ©couvrir Ă©galement

Frappe israélienne au Liban : le Hamas dénonce "l'assassinat" du n°2 de l'organisation

Le Liban commémore l'explosion au port de Beyrouth sans grand espoir de justice

Une série de braquages de banques au Liban, plongé dans la crise financiÚre