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Des exilés violentés au cœur de Paris : "On ne répond pas à la misère par la matraque"

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Par euronews avec AFP, AP
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Des exilés violentés au cœur de Paris : "On ne répond pas à la misère par la matraque"
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L'aide des associations de migrants et d'avocats n'aura pas été suffisante...

Cette nuit, un campement de 500 tentes déployées sur la place de la République dans le centre de Paris a été monté et démantelé en moins d'une heure. Des centaines d'exilés ont été expulsés manu militari : grenades lacrymogènes, de dés-encerclement, matraquage. L'opération a été supervisée par la Préfecture. Le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin a réagi dans un Tweet après avoir vu la violence des images :

"Certaines images de la dispersion du campement illicite de migrants place de la République sont choquantes. Je viens de demander un rapport circonstancié sur la réalité des faits au Préfet de police d’ici demain midi. Je prendrai des décisions dès sa réception."

La police des polices a été saisie, elle doit remettre ses conclusions au gouvernement sous 48h.

La semaine dernière, ces centaines d'exilés, en majorité des Afghans, ont été expulsés d'un campement informel à Saint-Denis, près du Stade de France. Près de 3 000 personnes ont été accueillies dans des centres et des gymnases en Ile de France. Mais entre 500 et un millier se trouvaient depuis en errance dans les rues, comme Murtaza Ramiz Voezi, exilé afghan sans-abri :

"Nous n'avons nul part où vivre explique cet homme, où dormir et on doit trouver un endroit pour nous, avec ce temps, l'hiver qui arrive, il fait froid et on a besoin d'un endroit où dormir."

MARTIN BUREAU/AFP or licensors
Campement place de la République à Paris avant l'arrivée des forces de polices et l'expulsion des exilés, 23 novembre 2020MARTIN BUREAU/AFP or licensors

Plusieurs associations avaient alors pris les choses en main, comme l'ONG Utopia 56. Cette association créée en 2015 en Bretagne supervise les actions de volontaires qui avaient lieu dans la jungle de Calais. Le coordinateur pour Paris Kerill Theurillat explique :

"La chose qu'on demande, c'est de cesser ce cycle infernal des campements qui se forment, qui sont évacués, souvent dans la violence, qui se reforment. On veut en terminer avec ce cycle infernal et qu'il y ait un vrai dispositif pour l'accueil de ces personnes."

Médecins sans Frontière a joint sa voix à celle d'Utopia 56. De même que la directrice générale de France Terre d'Asile. En tant qu'associé à l'Etat pour la gestion des campements, elle a déclaré : "On ne répond pas à la misère par la matraque, la mise à l'abri des migrants du campement de Saint-Denis restés à la rue est urgente, indispensable, indiscutable. Il en va de l'honneur de la République française".

Les forces de l'ordre, elles, appliquent le principe de "zéro tolérance" pour les campements de migrants dans la capitale, institué par le préfet de police de Paris Didier Lallement, en début d'année.

En lisière de Paris, "l'invisibilisation" des migrants, privés de logement, conduit à une "chasse à l'homme", explique Louis Barda, responsable des maraudes chez Médecins du monde.

Selon ses remontées, les violences que subissent les exilés les pousse déjà à quitter Paris pour rejoindre Calais.