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Antoine Griezmann rompt son partenariat avec Huawei pour soutenir les Ouïghours

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Par Vincent Coste avec AFP
Montage : le footballeur français Antoine Griezmann et le logo de la firme chinoise Huawei
Montage : le footballeur français Antoine Griezmann et le logo de la firme chinoise Huawei   -   Tous droits réservés  DANIEL LEAL-OLIVAS/AFP
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C'est un revers de taille pour le géant chinois des télécoms Huawei. Le footballeur français Antoine Griezmann a annoncé ce jeudi qu'il mettait "un terme immédiat à (son) partenariat" avec cette compagnie, invoquant des "forts soupçons" sur sa participation à la surveillance de la minorité musulmane ouïghoure par les autorités chinoises, ce que dément l'entreprise.

"Suite aux forts soupçons selon lesquels l'entreprise Huawei aurait contribué au développement d'une 'alerte Ouïghour' grâce à un logiciel de reconnaissance faciale, j'annonce que je mets un terme immédiat à mon partenariat me liant à cette société", a écrit l'attaquant des Bleus, ambassadeur de la marque depuis 2017, sur son compte Instagram.

Le champion du monde 2018 appelle "Huawei à ne pas se contenter de nier ces accusations mais à engager au plus vite des actions concrètes pour condamner cette répression de masse" de la minorité ouïghoure "et user de son influence pour contribuer au respect des droits de l'Homme et de la Femme au sein de la société".

Des entreprises chinoises ont été accusées par le passé d'avoir mis en place des logiciels de reconnaissance faciale permettant de repérer des personnes d'apparence ouïghoure.

Encore mardi, Huawei a été montré du doigt aux Etats-Unis pour avoir été impliqué dans des tests d'un tel logiciel de détection.

Huawei dément le ciblage ethnique

Un rapport interne au groupe chinois – retiré du site internet de Huawei mais encore trouvable sur l'internet – indiquait que ce logiciel de reconnaissance du visage était en phase de tests pour fournir "des alertes à la présence d'Ouïghours" et permettait de reconnaître "l'âge, le sexe, l'appartenance ethnique".

Ce fameux document avait été découvert par une société de recherche américaine spécialisée dans l'analyse de la vidéosurveillance (IPVM). Cette compagnie avait ensuite contacté le Washington Post qui avait ensuite consacré un article à ce logiciel de logiciel de reconnaissance du visage baptisé "Megvii".

"Nous ne développons pas d'algorithmes, ni d'applications dans le domaine de la reconnaissance faciale ou de solutions ciblant des groupes ethniques", a démenti, de son côté, Huawei.

"Nos produits et solutions sont conformes aux standards de l'industrie et aux règlementations en vigueur. Huawei respecte parfaitement et strictement les principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux Droits de l'Homme, et se conforme aux législations dans les 170 pays où il opère", a ajouté l'entreprise dans un communiqué.

Mercredi, l'ONG Human Rights Watch (HRW), basée aux Etats-Unis, a affirmé dans un rapport que des musulmans avaient été arrêtés dans la région chinoise du Xinjiang (nord-ouest) après avoir été "signalés" par un logiciel qui repère les comportements suspects.

Selon des experts étrangers, un million de Ouïghours ont été placés en détention ces dernières années dans des camps de rééducation politique.

Pékin dément ce chiffre et affirme qu'il s'agit de centres de formation professionnelle destinés à éloigner les personnes de la tentation de l'islamisme, du terrorisme et du séparatisme après une série d'attentats attribués à des Ouïghours.

La décision de Griezmann intervient au moment où les sportifs français prennent de plus en plus position dans les débats sociétaux, notamment liés au racisme, à l'instar de leurs homologues américains qui furent moteurs dans le mouvement Black Lives Matter.

Fin novembre, la vidéo du passage à tabac d'un homme noir par des policiers à Paris avait suscité l'indignation de plusieurs grands noms du sport français dont Antoine Griezmann et Kylian Mbappé.