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Climat : "l'Affaire du siècle" devant la justice française

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Par euronews avec AFP
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Climat : "l'Affaire du siècle" devant la justice française
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Un espoir pour les défenseurs du climat en France. Lors de la première audience de l'"affaire du siècle" devant le tribunal administratif de Paris, la rapporteure publique a estimé qu'il y avait bien une faute de l'Etat à n'avoir pas respecté sa trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La magistrate a proposé au tribunal de reconnaître cette "carence fautive" de l'Etat. Un premier pas pour les quatre associations - Notre Affaire à tous, Greenpeace France, Fondation Nicolas Hulot et Oxfam France - à l'origine de cette action en justice hors norme, qui avait été soutenue il y a deux ans, par une pétition de masse inédite.

"On ne peut pas renvoyer aux citoyens la responsabilité de lutter contre le dérèglement climatique. Il faut que l'Etat agisse par des politiques publiques. Sans décision collective nous n'y arriverons pas et cela a été dit très clairement" a réagi Cécile Duflot, directrice Oxfam France.

"S'il y a une condamnation d'une juridiction administrative de l'Etat français, cela va être compliqué pour le politique, pour le gouvernement de continuer à prétendre que la France est sur une trajectoire exemplaire. Ce ne sera plus des organisations comme les nôtres qui disent que la trajectoire n'est pas la bonne mais une juridiction administrative française", a dit Jean-François Julliard, à la tête de Greenpeace France.

La France s’est engagée à diminuer ses émissions de 40 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Les ONG espèrent une décision de justice dans les semaines qui viennent. Une victoire serait avant tout symbolique et résonnerait, selon les ONG, bien au-delà des frontières de la France.

La magistrate a d'ailleurs rejeté la demande de réparation de ce préjudice écologique, effectuée par les ONG : elle a seulement proposé d'accorder un euro symbolique pour préjudice moral à trois d'entre elles en excluant Notre Affaire à tous, dont l'action est trop récente.

De son côté, le gouvernement rejette les accusations d'inaction. Il met notamment en avant la loi énergie-climat de 2019, qui "renforce les objectifs climatiques", en visant la neutralité carbone à l'horizon 2050 et une baisse de 40% de la consommation d'énergies fossiles d'ici à 2030.