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L’appel européen à renforcer la lutte contre le cancer

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L’appel européen à renforcer la lutte contre le cancer
Tous droits réservés  JEFF PACHOUD/AFP
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C’est un des dommages collatéraux de la pandémie. Le covid-19 et son lot de restrictions ont entrainé de profondes perturbations en Europe dans le suivi des traitements du cancer. L’alarme est donnée par l’Organisation mondiale de la Santé à l’occasion de la Journée mondiale contre cette maladie.

Un pays sur trois a connu des retards de diagnostique ou de soins en particulier au printemps dernier lors de la première vague de coronavirus. Ces interruptions ont un impact direct sur les traitements et la survie de milliers de patients. "En avril on était à moins 44% de nouveaux diagnostiques et en septembre on était à moins de 14%. Donc on voit qu'il y a quand même un rattrapage qui a eu lieu mais encore 14%, c'est à dire 5 000 cancers qui n’étaient pas diagnostiqués", s’alarme Anne Boucquiau, directrice de la Fondation belge contre le cancer.

Le constat est tout aussi inquiétant pour le professeur Mark Lawler, membre de l’Organisation européenne de lutte contre le cancer (ECO). "4 patients sur 10 n’ont pas reçu par exemple leur chimiothérapie au bon moment. Cela a eu un effet dévastateur sur les patients atteints du cancer", explique-t-il.

Pour ne pas revivre un tel scénario, la Commission européenne propose un dispositif de prévoyance pour faire face à des situations similaires à l’avenir. Dans son nouveau plan contre le cancer, elle veut par exemple renforcer la télémédecine et le contrôle à distance. Mais les experts soulignent qu’il faut aussi prendre en compte la fatigue mentale et l’angoisse économique. "Il y a des situations économiques dramatiques, donc je pense que pas mal de personnes seraient tentées de ne pas prendre soin d’elles-mêmes pour le moment, de ne pas prendre soin de leur santé", estime Anne Boucquiau.

L’Organisation européenne de lutte contre le cancer propose aux gouvernements de mener des campagnes pour alerter l’opinion publique. Parmi les sept propositions de l’association, les experts demandent aussi plus de moyens pour la recherche. "Au cours de la première phase de la pandémie nous avons observé une diminution de l’activité des essais cliniques et de sa traduction en terme de recherche, parfois cela atteignait 80%", précise Mark Lawler. Le professeur appelle à maintenir l’effort financier afin de pouvoir continuer à améliorer les diagnostiques et les traitements.

La Commission compte mettre en place cette année un nouveau Centre des connaissances sur le cancer ainsi qu’un registre des inégalités face au cancer

Journaliste • Grégoire Lory