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Environnement : des députés européens demandent l'interdiction du forage en mer

 Plates-forme de forage dans les eaux chypriotes, au large de Limassol, le 5 juillet 2020
Plates-forme de forage dans les eaux chypriotes, au large de Limassol, le 5 juillet 2020   -   Tous droits réservés  AP Photo/Petros Karadjias
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Comment l'Union européenne peut-elle respecter ses engagements climatiques ? Une initiative allant dans ce sens vient d'être portée par des élus du Parlement européen. 63 eurodéputés ont ainsi envoyé une lettre à la présidente de la Commission européenne pour exiger l'interdiction du forage en mer dans les eaux de l'Union européenne.

Pour ce faire, les signataires de ce courrier adressé le 8 février dernier à Ursula von der Leyen, demandent une révision de la directive sur la sécurité des opérations pétrolières et gazières en mer qui avait été adoptée en 2013, suite à l 'explosion de la plateforme Deepwater Horizon.

En tant que membres du Parlement européen, nous croyons fermement que l'UE et chaque État membre devraient adopter une nouvelle législation pour ouvrir la voie à une élimination complète de notre utilisation de l'énergie fossile, en commençant par l'interdiction de l'une des activités fossiles les plus désastreuses : le forage en mer
Extrait du courrier envoyé à Ursula von der Leyen par 63 députés européens

Cette action fait suite à la campagne "#DrillingIsKilling" lancée en avril 2020 par l'ONG Surfrider, à laquelle se sont jointes d'autres organisations.

Dans le cadre de cette campagne, plus de 12 000 citoyens de l'UE ont contacté leur députés européens pour les alerter sur les dangers des forages pétroliers et gaziers en mer.

63 députés européens, majoritairement du groupe Verts/ALE, se sont donc ensuite mobilisés pour porter ce message à la Commission européenne.

Dans leur courrier, les signataires notent "malgré les engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris et l'ambition de l'UE de devenir neutre sur le plan climatique d'ici 2050, [...] , nous n'avons vu aucune proposition de la Commission visant à éliminer progressivement le soutien aux et le développement des combustibles fossiles".

Ils expliquent que "l'exploration et l'exploitation du pétrole et du gaz offshore sont extrêmement coûteuses, mais surtout, elles constituent une menace à la fois pour la vie humaine et pour la biodiversité".

Ils ajoutent que lorsque les plateformes pétrolières et gazières ne sont pas correctement démantelées, "elles deviennent des déchets marins". Sur ce point, ils réclament "un processus de démantèlement actuellement non réglementé".

Ils insistent également sur le fait que "le forage en mer représente une réelle menace pour la vie et les moyens de subsistance des communautés côtières, perturbant leurs activités de pêche et de tourisme et créant un dangerconstant de fuite".

Les députés proposent également d' "harmoniser les dispositions en matière de responsabilité" civile et pénale pour tous les dommages environnementaux.

Selon des données de la Commission européenne, il y avait 556 installations offshore dans les eaux de l’UE en 2018. Sur ce total, 191 battaient pavillon britannique. 53 nouvelles installations ont été construites entre 2010 et 2019.

En 2018, la production de pétrole et de gaz en mer dans l’UE avait été de 112 217,06 **kilotonnes équivalent pétrole** (ktep). A lui seul, le Royaume-Uni avait assuré 75% de cette production soit 84 231,43 ktep.

A ce jour, 14 pays de l'Union européenne autorisent les forages : Allemagne, Bulgarie, Croatie, Chypre, Danemark (ce pays vient d'annoncer, toutefois, la fin des forages d'ici 2050), Espagne, Grèce, Irlande (si le Parlement irlandais s'est prononcé pour l'interdiction des forages, ce projet de loi a été bloqué par le gouvernement), Italie, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal (où il n'y a pas de gisements explorés en ce moment, mais les forages ne sont formellement pas interdits), Roumanie. La France avait annoncé la fin des forages en mer en février 2020.