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Stabilité politique aux Pays-Bas malgré la tempête sanitaire

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Par Stefan Grobe  & Euronews
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Stabilité politique aux Pays-Bas malgré la tempête sanitaire
Tous droits réservés  PIROSCHKA VAN DE WOUW/AFP

Malgré la pandémie de covid-19, malgré les restrictions, les Pays-Bas ont organisé des élections législatives. La situation sanitaire n’a pas ébranlé la confiance des électeurs pour leur Premier ministre. Le scrutin a conforté le libéral Mark Rutte qui est en passe d’entamer son 4e mandat à la tête du gouvernement.

Pour analyser les conséquences de ces élections Euronews a interrogé l’ancien ministre néerlandais des Affaires étrangères et ancien secrétaire générale de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer.

Euronews :

La victoire de Mark Rutte n’est pas vraiment une surprise, mais le bon résultat de son partenaire de coalition, les libéraux pro-européens du D66, en est une. Leur présidente, Sigrid Kaag, a souligné pendant la campagne que les Pays-Bas devaient coopérer davantage avec la France et l’Allemagne. N’est-ce pas la conséquence logique du Brexit pour les Néerlandais ?

Jaap de Hoop Scheffer :

C’est une des conséquences du Brexit. Nous avons toujours, en tant que Néerlandais, une orientation vers l’Ouest, une orientation transatlantique. Mais je dois ajouter qu’au cours des 15 dernières années, l’Europe était dans la même voix transatlantique. Mais après le Brexit, et en cela je rejoins Sigrid Kaag, la France et l’Allemagne devraient être pour les Pays-Bas bien évidemment le premier point de référence.

Euronews :

Est-ce que l’on va voir un nouveau gouvernement de Mark Rutte plus conciliant avec l’Europe plutôt que la ligne dure adoptée en matière budgétaire ?

Jaap de Hoop Scheffer :

Il y a maintenant sans aucun doute le D66 au gouvernement, un parti très pro-européen. N’oubliez pas que Volt, le parti pan-européen a aussi gagné trois sièges au Parlement. Cela montre que tourner autour de la question : que devons-nous faire avec l’Europe, n’est pas une façon de gagner des voix auprès des électeurs.

Euronews :

Comparé au grand voisin allemand, le résultat des Verts est décevant. Comment expliquer cela dans un pays si progressiste et où la politique climatique joue un grand rôle ?

Jaap de Hoop Scheffer :

C’est une question que doit aussi se poser le parti écologiste. Mais je suis surpris par l’ampleur du revers pour les Verts. Peut-être se sont-ils trop concentrés sur le climat.

Euronews :

Un autre phénomène intéressant est la fragmentation de l’extrême droite. Le populisme est-il sur la défensive comme on l’a vu ailleurs en Europe ?

Jaap de Hoop Scheffer :

J’ai des doutes. Lorsque je regarde les partis populistes qui devraient être représentés au Parlement, ils occupent entre 25 et 30 sièges. D’un côté ce n’est pas grand-chose quand vous observez les résultats des deux principaux vainqueurs. D’un autre côté ce n’est pas anodin. Mais il y a une fragmentation.