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La France a des responsabilités "accablantes" dans le génocide des Tutsi, rapport remis à Macron

Par Joël Chatreau
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Le président Macron et Vincent Duclert, chef de la commission qui a rédigé le rapport sur le génocide au Rwanda, au palais de l'Elysée - Paris -, le 26 mars 2021
Le président Macron et Vincent Duclert, chef de la commission qui a rédigé le rapport sur le génocide au Rwanda, au palais de l'Elysée - Paris -, le 26 mars 2021   -   Tous droits réservés  Ludovic Marin/AP
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La France a des responsabilités "lourdes et accablantes" dans le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 au Rwanda : c'est une véritable sentence qu'a rendue ce vendredi une commission d'historiens dans un rapport de 992 pages qui a été remis au président Emmanuel Macron.

Après plus de deux ans de travail à consulter les archives, certaines tenues secrètes auparavant, les enquêteurs ont rédigé un texte de plus d'un millier de pages. Dans leurs conclusions, ils n'hésitent pas à parler de "faillite de la France" lors de cette tragédie qui a fait au moins 800 000 morts au total, selon un bilan établi par l'ONU. Ils tempèrent toutefois en écrivant que "rien ne vient démontrer" que l'Etat français s'est comporté en "complice".

François Mitterrand au pilori

L'ancien président François Mitterrand, au pouvoir à ce moment-là - jusqu'en mai 1995 -, est en tout cas cloué au pilori par les auteurs du rapport qui soulignent son rôle central dans la politique suivie par la France au Rwanda entre 1990 et 1994. L'extrait ci-dessous permet de mesurer la charge menée contre le défunt dirigeant socialiste :

La France s'est longuement investie au côté d'un régime qui encourageait des massacres racistes. Elle est demeurée aveugle face à la préparation du génocide (...) Cet alignement sur le pouvoir rwandais (du président hutu Juvénal Habyarimana) procède d'une volonté du chef de l'Etat (François Mitterrand) et de la présidence de la République

Un cercle toxique

Les historiens insistent sur le fait que le pouvoir français a alors apporté un soutien militaire sans faille et durable au "régime raciste, corrompu et violent" du président hutu du Rwanda, notamment à travers des formations données par l'armée française aux forces rwandaises. Le rapport dénonce également l'influence exercée sur François Mitterrand par un cercle de quelques proches, parmi lesquels son chef d'état-major particulier, le général d'armée Christian Quesnot et son conseiller Afrique, Bruno Delaye.