PUBLICITÉ

Élections européennes : les femmes menacées par une poussée de l'extrême droite ?

Une petite fille attend sa mère pour voter, à l'arrière-plan d'isoloirs avec des rideaux représentant le drapeau de l'Union européenne à Baleni, en Roumanie, en 2019.
Une petite fille attend sa mère pour voter, à l'arrière-plan d'isoloirs avec des rideaux représentant le drapeau de l'Union européenne à Baleni, en Roumanie, en 2019. Tous droits réservés Andreea Alexandru / Mediafax
Tous droits réservés Andreea Alexandru / Mediafax
Par Ines Trindade Pereira
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article :Copy to clipboardLien copié
Cet article a été initialement publié en portugais

Les organisations féministes européennes pointent ce qu'elles considèrent comme un manque d'investissement pour répondre à la désinformation et aux opinions sexistes.

PUBLICITÉ

Selon les projections, les partis d'extrême droite et eurosceptiques pourraient gagner 30 sièges supplémentaires au Parlement européen lors des prochaines élections.

Certains craignent que cette poussée freine l’évolution du droit des femmes.

Les Européennes en ont-elles toutes conscience, et cela les incite-t-elles à être plus actives politiquement ?

“Pour beaucoup de femmes, les institutions européennes représentent quelque chose de très abstrait“, estime Emma Rainey, consultante en égalité des genres et co-rédactrice du rapport d'Oxfam.

“En Europe, il y a 10 millions de femmes de plus que d'hommes, ce qui signifie que nous sommes la population la plus importante d'Europe, mais nous sommes toujours sous-représentées”, déplore quant à elle Iliana Balabanova, présidente du Lobby européen des femmes.

Malgré les efforts de l'UE pour créer des politiques visant à agir sur les inégalités et les discriminations fondées sur le genre, les organisations féministes européennes pointent ce qu'elles considèrent comme un manque d'investissement pour répondre à la désinformation et aux opinions sexistes.

“Les plateformes en ligne qui amplifient les théories du complot et la désinformation ont enhardi l'extrême droite et les mouvements sexistes, leur permettant de former des réseaux plus solides", explique Emma Rainey.

"Cette année, la désinformation a été générée par l'IA grâce à la partialité des algorithmes, poursuit-elle.Ces réseaux sexistes sont bien financés. Ils disposent d'une mine de ressources qu'ils utilisent pour créer des campagnes de bots sur les médias sociaux. En comparaison avec les mouvements féministes, nous manquons de fonds et de ressources et nous sommes confrontés à d'incroyables difficultés pour essayer de lutter contre cela.”

Les femmes qui décident de se lancer dans une carrière politique doivent parfois faire face à des violences psychologiques, physiques ou à des messages insultants sur les réseaux sociaux. Cela peut les amener à renoncer à la politique ou à se faire plus discrètes.

Marie-Colline Leroy, Secrétaire d'Etat belge à l'égalité entre les femmes et les hommes, à l'égalité des chances et à la diversité, témoigne : “Effectivement, j'ai vu des campagnes extrêmement agressives et j'ai vu et je vois aujourd'hui que de toute façon, toutes les attaques qui me concernent sont des attaques qui visent à essayer de délégitimer mes propos, de discréditer ce que je dis, et toujours avec une orientation en fait qui vise mon identité de genre, sur le fait que je suis une femme. Beaucoup de critiques, beaucoup d'insultes, des remarques sur le physique qui visent en fait à toujours essayer de créer un environnement de peur, un environnement qui est déstabilisant.”

Partager cet articleDiscussion

À découvrir également

Les eurodéputés veulent une inscription de l'IVG dans la Charte des droits fondamentaux

Rencontre avec les trad wives, des influenceuses anti-féministes prônant les valeurs traditionnelles

L’extrême droite toujours plus présente dans l'Union européenne