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L'élan créatif de Dubaï, propre de Bill Gates et scénique de Londres

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Les ambitions créatives de Dubaï, l'appel zéro carbone de Bill Gates et les espoirs du monde du spectacle à Londres, ce sont les sujets que nous abordons dans Business Line en ce mois d'avril.

Dubaï se dote d'un écosystème dédié aux entreprises créatives

L'émirat de Dubaï a adopté une stratégie visant à le faire devenir un hub international de la créativité : il ambitionne de faire passer la contribution de l'économie créative à son PIB de 2,6 à 5%. Il met par exemple, en place de nouvelles zones dédiées à la création, à la culture, aux contenus, aux médias, au design et aux arts.

La stratégie dédiée à l'économie créative a pour objectif de doubler le nombre d'entreprises créatives et culturelles installées sur place pour les porter à 15 000 d'ici à quatre ans. Les emplois qu'elles représentent passeraient dans le même temps de 70 000 à 140 000.

Déjà, les spécialistes de la constitution de sociétés de Virtuzone se disent davantage sollicités. "C'est une excellente nouvelle pour le secteur et pour les Émirats arabes unis dans leur ensemble," estime Amer Yehia, responsable de l'expérience clients. "C'est très encourageant de voir Dubaï soutenir ce type d'initiatives, attirer des entreprises étrangères et aider les talents locaux dans le secteur créatif," poursuit-il. "Dubaï est très pro-actif quand il s'agit de créer les conditions qu'il faut et de s'assurer qu'il y a l'infrastructure adéquate et l'annonce faite par les autorités a été très claire concernant le cadre mis en place pour soutenir les entreprises créatives," se félicite-t-il.

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Le Dubai Design Districteuronews

Mais quel type de soutien existe déjà pour ces entreprises ? Nous interrogeons Ahmad Ammar, cofondateur de la ligne de couture AAVVA. "Nous n'avons rencontré aucun obstacle lors du lancement de notre activité," assure-t-il. "C'est très facile de s'installer, de constituer une équipe, de recruter du monde, d'investir en termes de location de locaux et de développer son activité," dit-il.

Cette ligne spécialisée dans les robes de soirée a vu le jour en tant que projet parallèle en 2013 avant de très vite devenir une entité à part entière avec des magasins indépendants. Ses créations sont aujourd'hui présentées dans des boutiques à l'étranger.

"Nous faisons tout à Dubaï, j'ai fait venir tous mes collaborateurs de différentes nationalités à Dubaï : les spécialistes de la broderie, les artisans, toutes les personnes qui confectionnent et même l'équipe de stylisme qui nous aide aujourd'hui," précise-t-il. "Donc nous avons notre atelier et notre production aux Emirats arabes unis, nous faisons tout ici et nous essayons même d'acheter nos tissus ici," renchérit-il.

Autre cofondateur de l'entreprise, Vincenzo Visciglia estime le contexte "formidable : le secteur de la mode reste quelque chose de relativement nouveau à Dubaï. On a le sentiment que les acteurs et les clients locaux soutiennent vraiment les stylistes installés ici plutôt que ceux basés à l'étranger," déclare-t-il.

Dubaï a créé plusieurs structures qui accompagnent les entreprises de ce secteur dans leur développement comme Media City, Production City et Dubai Design District.

"Le District a été créé en 2013," précise Amer Yehia, de Virtuzone, qui ajoute : "Il suffit de fréquenter ces trois sites pour se rendre compte de l'engagement pris par Dubaï du point de vue des infrastructures et de sa volonté d'encourager ces profils créatifs à venir ici et à développer leur activité."

Le Cheikh Hamdan bin Mohammed bin Rashid Al Maktoum, prince héritier de Dubaï et président du Conseil exécutif de l'émirat, a inauguré la zone créative d'Al Quoz. Ce hub dynamique est un lieu où les artistes et les designers peuvent vivre, travailler et créer. Une esquisse de la vision qui veut concrétiser l'émirat.

L'appel de Bill Gates pour les technologies propres

Bill Gates a participé au récent sommet virtuel sur le climat organisé par Joe Biden. Le milliardaire philanthrope, père de Microsoft et fondateur de Breakthrough Energy, s'est adressé à plus de 40 dirigeants de la planète.

"Quasiment toutes nos technologies zéro carbone sont plus chères que leurs équivalents fossiles," a fait remarquer Bill Gates lors de son intervention. "Pour que tous les habitants de la planète bénéficient des avantages de la vie moderne, il nous faut des produits zéro carbone qui soient tout aussi abordables, qui aient ce que j'appelle un surcoût vert de zéro," a-t-il souligné se référant à sa notion de "green premium".

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L'appel à l'action de Bill Gates lors du sommet américain sur le climatAP

Bill Gates a préconisé aux gouvernements et entreprises, d'agir à trois niveaux : "Nous devons développer et déployer des technologies révolutionnaires qui nous permettent d'éliminer les émissions au sein de l'économie physique. Deuxièmement," a-t-il poursuivi, "nous devons faire appel aux marchés de l'énergie pour financer et mettre en oeuvre ces innovations, par exemple en trouvant de nouvelles pistes de financement pour ces technologies de manière à harmoniser les règles du jeu pour qu'elles puissent faire concurrence aux carburants fossiles. Troisièmement, les gouvernements et les entreprises doivent adopter des politiques qui accélèrent cette transition et la rendent moins coûteuse," a-t-il plaidé.

Le milliardaire a aussi appelé les dirigeants à récompenser ceux qui malgré les difficultés, mènent des actions significatives en vue de réduire les émissions de CO2.

Les théâtres du West End à Londres se préparent à rouvrir

Alors que le Royaume-Uni commence à lever ses restrictions, le célèbre secteur du West End à Londres se prépare à voir revenir le public dans ses théâtres. Un moment que Noah Thomas, jeune comédien de 21 ans attend avec impatience.

Il y a plus d'un an, il avait quitté son école d'art dramatique et avait fait ses débuts dans le rôle principal de la comédie musicale montée dans le West End : "Everybody's talking about Jamie". Mais au bout de quelques semaines de représentation, la pandémie de Covid-19 a atteint le Royaume-Uni entraînant la fermeture des théâtres.

"Ce qu'on se dit, c'est qu'on tient bon," confie Noah Thomas. "On ne va pas renoncer à ce métier pour lequel on s'est formé," lance-t-il.

Le monde du spectacle qui fait vivre environ 300 000 personnes au Royaume-Uni est resté portes closes presque en continu ces treize derniers mois. Une mise à l'arrêt qui menace également des milliers d'autres emplois annexes dans les bars, restaurants et hôtels.

À la différence d'autres industries, de nombreux professionnels des théâtres sont passés à travers les mailles du filet du soutien public.

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Un tiers des théâtres du West End comptent ouvrir dans les prochaines semainesAP

De son côté, Nica Burns, propriétaire de l'Apollo et de cinq autres salles londoniennes, a mis en place un protocole strict de tests pour les comédiens et le personnel, investi dans des distributeurs de gel désinfectant et réduit la jauge en salle. Elle se souvient avec émotion de cette courte période en décembre où les spectacles ont pu se tenir. "J'ai vu les spectateurs repartir des théâtres beaucoup plus heureux que quand ils étaient arrivés," souligne-t-elle.

Environ un tiers des théâtres du West End prévoient de rouvrir dans les prochaines semaines alors que d'autres restrictions pourraient être levées le 21 juin en fonction de l'évolution du contexte sanitaire.

Face aux nombreuses critiques, le gouvernement britannique a débloqué plus de 1,38 milliards d'euros de subventions et de prêts aux organisations des arts et de la culture.

Malgré l'inquiétude sur l'impact de la pandémie à long terme, beaucoup s'accordent à dire que comme on le dit dans ce métier, le spectacle doit continuer.