DERNIERE MINUTE
Advertising
This content is not available in your region

Vaccins anti-covid : priorité aux pays pauvres

euronews_icons_loading
Vaccins anti-covid : priorité aux pays pauvres
Tous droits réservés  Fabrice Coffrini/AP
Taille du texte Aa Aa

Il n'y a toujours pas de consensus sur la levée temporaire des brevets sur les vaccins contre le Covid-19. L'idée est de pouvoir accélérer la production mondiale afin de lutter contre la pandémie qui continue de faire des ravages.

Les laboratoires y sont globalement opposés car cela les priverait selon eux, d'un retour sur des investissements coûteux.

Cette mesure est réclamée depuis des mois à l'Organisation mondiale du Commerce par de nombreux pays comme l'Inde et l'Afrique du Sud.

"Mon travail consiste à m'assurer que je rassemble les membres de l'OMC, pour qu'ils négocient un texte qui conduirait à une solution pragmatique garantissant l'accès aux pays en développement, pour traiter l'inégalité des vaccins, tout en s'assurant que nous ne décourageons pas la recherche et l'innovation. Voilà où nous en sommes. Les récentes déclarations des Etats-Unis et d'autres pays vont, j'en suis sûr, donner un élan aux négociations" souligne Ngozi Okonjo-Iweala, directric egénérale de l'OMC.

Si la France a rallié la position américaine, l'Allemagne exprime de fortes réserves et estime que les brevets doivent continuer à être "protégés" car "c'est une source d'innovation qui doit le rester à l'avenir ".

La Russie s'est dit elle favorable à cette mesure; Vladirmir Poutine demande à son gouvernement d'étudier cette éventualité :

"Nous entendons les idées de l'Europe de supprimer complètement la protection des brevet des vaccins COVID-19. Cela s'inscrit dans le cadre des règles de l'OMC, qui prévoient ces mesures dans les situations d'urgence. Une pandémie est une urgence. Par conséquent, je demande à la ministre de la politique sociale d'y travailler, sans condition, la Russie soutiendra une telle approche" explique Vladimir Poutine.

La levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19 est une bonne idée mais les pays les plus riches doivent tenir leurs engagements envers les plus pauvres, a estimé ce vendredi la prix Nobel d'économie Esther Duflo.

Le soutien américain à une levée des brevets sur les vaccins "est une bonne chose" en ce qu'il "met la pression sur les groupes pharmaceutiques", a déclaré l'économiste dans un entretien au quotidien italien La Repubblica.

Pour autant, ce partage des brevets, encore hypothétique, ne règle pas la question de l'accès des pays les plus pauvres aux sérums disponibles sur le marché.

En créant et en finançant Covax, un système de partage des vaccins anti-Covid, des États, des organisations internationales et des personnalités comme Bill Gates ont permis de fournir 50 millions de doses aux pays pauvres. Mais "ce sont deux milliards de doses qui sont nécessaires", rappelle Esther Duflo.

Or, "l'effort économique pour aider les pays pauvres serait dérisoire: pour acheminer dans ces pays deux milliards de doses de vaccins, il faudrait 29 milliards de dollars. Disons que si on porte ce chiffre à quatre milliards, la dépense est légèrement supérieure à 50 milliards. On voit bien que ce n'est rien comparé aux milliers de milliards de dollars que les Etats-Unis à eux seuls investissent dans leur plan de reprise", selon l'économiste franco-américaine, prix Nobel 2019.

Pour le laboratoire allemand BioNTech, les brevets ne sont pas le facteurs limitant la production et l'approvisionnement des vaccins. Il estime qu'une telle mesure n'aurait pas d'effet "à court et moyen terme" car dit-il la mise en place et la validation de nouveaux sites de production prennent en général un an.

Autre argument avancé : la production de vaccin à ARN messager, comme celui mis au point par BioNTech et Pfizer,"est un processus complexe". Si toutes les exigences ne sont pas remplies, la qualité et l'efficacité du vaccin pourraient en être affectées.