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Crise migratoire à Ceuta : l'Espagne déploie l'armée, soupçons sur l'attitude du Maroc

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Crise migratoire à Ceuta : l'Espagne déploie l'armée, soupçons sur l'attitude du Maroc
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L'armée a été déployée à la frontière espagnole de Ceuta pour tenter de contenir le flot de migrants qui arrivent à la nage depuis deux jours. 8 000 personnes ont touché terre depuis lundi matin sur la presque-île espagnole enclavée dans le territoire marocain.

Cette frontière est la seule terrestre de l'Union Européenne avec l'Afrique, ce qui explique son attrait auprès des migrants.

Ylva Johansson, commissaire européenne aux Affaires Intérieures : "Il est inquiétant qu'au moins 6 000 personnes, dont un grand nombre d'enfants, aient nagé jusqu'à Ceuta, mettant leur vie en danger. Beaucoup ont dû être secourues, une personne est décédée. Le plus important à présent est que le Maroc continue de s’engager à empêcher les départs irréguliers et que ceux qui n’ont pas le droit de rester soient renvoyés dans l’ordre et de manière effective."

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a annulé un déplacement à Paris pour se rendre ce mardi à Ceuta. Il a promis de "rétablir l'ordre et les frontières le plus rapidement possible".

Par ailleurs, l'ambassadrice marocaine à Madrid a été convoquée par le gouvernement espagnol qui lui a fait part de son "mécontentement".

Crise diplomatique

La carte de l'immigration est utilisée comme un chantage, comme un moyen de faire pression sur un État membre, l'Espagne en espèce
Blanca Garcés
Chercheuse, spécialiste de l'immigration

Le Maroc et l'Espagne sont en pleine crise diplomatique au sujet du statut du Sahara Occidental, dont le Front Polisario défend l'indépendance. Atteint du Covid-19, le chef de ce mouvement rebelle a été accueilli en Espagne pour y être soigné, suscitant la colère du Maroc.

Selon certains analystes, Rabat aurait alors décidé d'assouplir les contrôles de son côté de la frontière pour laisser les migrants arriver plus facilement en territoire espagnol.

Blanca Garcés, chercheuse senior au Barcelona Centre for International Affairs : "La carte de l'immigration est utilisée comme un chantage, comme un moyen de faire pression sur un État membre, l'Espagne en espèce. Le gouvernement espagnol dépend bien-sûr du gouvernement marocain pour arrêter ces passages irréguliers - comme le gouvernement grec dépend de La Turquie pour empêcher les réfugiés de venir de Turquie".

De son côté, le ministre espagnol de l'Intérieur a annoncé que son pays avait déjà renvoyé au Maroc près de la moitié des 8 000 migrants qui avaient franchi la frontière.